Dimanche 28 juin 2009

Depuis quelques temps, je délaisse pas mal ce blog : plus vraiment envie d'entretenir cet espace, manque de temps, d'énergie et puis les beaux jours donnent plutôt envie de prendre l'air, non ?

Mais ce soir, je vais un peu rattraper le retard car si je n'écris plus, je lis toujours à la folie !

Voici quelques-unes de mes lectures récentes : d'abord "Dis oui, Ninon" de Maud Lethielleux. Ce premier roman connaît un petit succès porté par le bouche à bouche de nombreux blogs et une presse enthousiaste. La jolie photo de l'auteur y serait-elle pour quelque chose ? Bon, moi, personnellement, je n'ai pas été emballée plus que cela. C'est mignon, attendrissant mais aussi énervant car trop bourré de bons sentiments. Un côté guimauve en veux-tu en voilà même si cela reste un peu noir. Ninon est une petite fille vive, intelligente, partagée entre l'amour pour sa mère, Zélie, et son père adoré, Fred, un peu beaucoup à côté de la plaque. Et pourtant elle ne cesse de vouloir l'aider, envers et contre tous. C'est un récit sur l'enfance, sur les illusions qui sautent les unes après les autres, sur le désespoir aussi, sur la pauvreté... Pour un premier roman, c'est plutôt bien mené.  

"Dis oui, Ninon" de Maud Lethielleux, Stock, 247 pages, 17.50 €.

J'avais remarqué le roman de "Tête de gondole" en lisant le magazine "l'entreprise" à mon travail. J'aime bien feuilleter ce mensuel car il donne toujours envie de se lancer dans des trucs à la mode : resto bio, création de meubles en cartons... De quoi rêver ! Quand j'ai vu le livre à la bibliothèque, je n'ai pas résisté. Bien m'en a pris, bonne lecture, même si ce ne sera pas celle du siècle.  Victor, agrégé de lettres, au chômage, se fait embaucher dans un hypermarché, au rayon livres. Petit à petit, il grimpe les échelons, campant sur son lieu de travail, donnant tout à l'entreprise. En rencontrant Anna, une voleuse nocturne, la machine va se dérégler...  Un roman intéressant même si je suis aussi restée sur ma faim (comme avec "Dis oui, Ninon"), au départ je pensais avoir entre les mains une bonne critique de notre société de consommation (un slogan aperçu sur le badge d'une caissière est mis en exergue par Victor : « Faites l'amour, pas les magasins ! »).  Au final : un feu d'artifice au sein de l'hypermarché en ruines...  

 

"Tête de gondole", Christophe Rioux, éditions Flammarion, 284 pages, 19 euros.


Jusqu'ici, bof... Heureusement, une collègue me passe un roman prix inter 2006 : "La chambre de la Stella" de Jean-Baptiste Harang. Le type de roman que j'adore : belle écriture, ciselée avec précision, beau récit, avec secret de famille à la clé. On oscille entre roman et autobiographie, les deux sont étroitement mêlés. L'auteur décrit pièce par pièce la maison de ses grands parents paternels, dans la Creuse. Ce faisant, il découvre la véritable identité de son père.  Fascinant, étonnant, ce récit est superbe de douleur et de retenue mêlées.

"La chambre de la stella", Jean-Baptiste Harang, le livre de poche, 5 €, 160 pages.


Critique à venir : Courir de Jean Echenoz...
 

Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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Mercredi 10 juin 2009
Récemment, j'ai découvert  avec Nino un petit livre très sympa : "le cheval de Troie" publié par l'école des loisirs.

 J'adore les ilustrations de Soledad Bravi : elles sont simples et belles, pleines de couleurs et aussi ludiques (désolée mais je n'ai pas trouvé d'illustrations sur le web, c'est un peu frustant !).

Quant au texte de Nathalie Laurent, il est épuré de tous les détails inutiles, ce qui fait de cet opus un petit album très réussi. Bravo !  

Et pour ma part, cela m'a permis de me remémorer cet épisode de l'épopée d'Ulysse. Il faudrait que je lise Homère !

Le cheval de Troie, Nathalie Laurent et Soldeda Bravi, l'école des loisirs, Loulou & Cie, 2009, 12 €
Par Flora - Publié dans : L'attrape-album
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Lundi 8 juin 2009

En ce moment, je délaisse pas mal ce blog, faute de temps, de motivations et d'autres projets en cours, notamment deux marathons : marathon photo de la fnac, et bientôt marathon par équipe (parce que un vrai marathon, pas question ! je suis vraiment une coureuse occasionnelle)  ... Pourtant, au milieu de toutes ces activités, je trouve toujours le temps de lire, éperdument !

Récemment, j'ai été contacté par Suzanne du site "chez les filles" pour recevoir le polar Cadavre d'état.

Un polar ? pourquoi pas, cela faisait longtemps que je n'en avais pas lu. Mais en même temps, je me demandais si j'allais avoir le temps, surtout que j'étais branchée sur plusieurs titres de la sélection Inter que je voulais terminer avant le 1er juin, date de l'annonce du livre du prix inter 2009 (mais c'est un peu raté..).

J'ai finalement démarré ce fameux polar mais je l'ai lâché très vite, ne trouvant pas le début assez prenant. Prise de remords, (il va bien falloir que je le commente, je m'y étais engagée...), je l'ai donc repris un après midi. Et là, ô miracle, ô joie, je n'ai plus lâché ce livre avant d'en avoir terminé avec lui. 

Plusieurs remarques tout d'abord :
- j'ai mis à peu près une semaine à le lire, un peu long mais j'ai remarqué que les polars me prennent plus de temps, surtout si l'intrigue est un peu tarabiscotée et ici on est servi même si la trame reste classique.
- ce que j'ai aimé le plus, c'est suivre le personnage principal  Coralie Le Gall dans ses élucubrations pour finir l'enquête et rester à ses côtés dans ses nombreuses allées et venues.  La commissaire Le Gall ne se ménage pas pour aller au bout de l'affaire plutôt délicate qu'elle doit gérer en l'absence de son patron.  
- beaucoup de mots d'argot parsèment le texte, plutôt logique puisque c'est un polar, (quoique je ne sais pas si l'argot est un signe de fabrique du genre)  mais parfois cela m'a gênée car l'argot dans la bouche ou la pensée de la commissaire, je n'y croyais pas vraiment... L'argot, c'est plutôt le langage des malfrats, non ?  
- et il y a aussi beaucoup de mots orthographiés presque phonétiquement  : "djîne" pour jeans, "clîne" pour clean, "chêqueupe"... amusant mais lassant à la longue ! ou encore des termes inventés: "les politichiens, les ponctionnaires, les diplotames " (page 66).

L'histoire : un jeune fonctionnaire, Jean-Marc Ledauchy, découvre un mort dans son bureau du ministère de l'intérieur. Il va demander de l'aide à sa hiérarchie et aussitôt, la mécanique s'enclenche autour de ce "cadavre d'état" puisque le mort n'est autre qu'Hubert de Vaslin, conseiller occulte du premier ministre, plutôt original et attachant. La commissaire Le Gall entre en scène, tornade rousse dotée d'un caractère plutôt indépendant : "Toujours prendre à rebours, ne jamais se laisser enfermer dans le code dominant-dominé de son vis-à-vis, être ailleurs et le montrer : motarde chez les psychorigides cravatés, griffée parmi les loqdus, etc. Une des règles de Coralie Le Gall."  

Petit à petit, elle et son équipe parviennent à débroussailler l'affaire : "Si quelqu'un de consciencieux commence à tirer le fil Finances de l'écheveau, il tombera inévitablement sur le fil Homicide, et vice versa. Il arrivera aux mêmes conclusions que moi, forcément. Mon rapport, je vais en faire un piège à juge d'instruction." (page 330)  

Seulement son rapport sera condamné d'avance, trop proche d'une certaine réalité car "Les grands réseaux de la criminalité contemporaine sont devenus complexes, internationaux, omniprésents, ils sont imbriqués les uns dans les autres, ils sont incrustés dans nos circuits financiers, dans nos rouages politiques ; directement ou par la bande, ils contrôlent les médias qui nous présentent la surface des choses sans jamais nous montrer les oeuvres vives du navire sur lequel nous naviguons, ils imposent une omerta absolue à l'égard de qui ose les dénoncer..." (page 302)

Un polar vif, avec de nombreux rebondissements, notamment une fin plutôt rocambolesque...  Une bonne lecture avec une intrigue vraiment très prenante.

Site de Carnetsnord : avec les dessous de l'affaire...

Merci à Suzanne de pour m'avoir envoyé ce polar ! 


Quelques avis sur la blogosphère : NephMika - Stéphane -

Cadavre d'état, de Claude Marker, Carnets Nord, 401 pages, 18 euros.
Par Flora - Publié dans : L'attrape-polars
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Jeudi 21 mai 2009

Beau tableau de chasse que ce "chasseur de lions" ! Ce roman, qui était en lice pour le Goncourt, présente Eugène Pertuiset, un ami du peintre Manet, un bourlingueur en quête de trésors et d'autres aventures, souvent ratées :
"S'il y a du Sancho en lui, il y a aussi du Quichotte : il a lu trop de romans d'aventures, et trop naïvement, il croit que le monde est plein de testaments écrits à l'encre sympathique et de trésors cachés." (page 109)

On y rencontre également des proches du peintre, des écrivains et confrères, des demi-mondaines, mais aussi des révolutionnaires, des communards... Ce livre regorge d'anecdotes, de faits et lieux historiques, de personnages multiples, et c'est un plaisir de se laisser immerger dans ce magma du XIXe siècle. Pour autant, le narrateur effectue des remontées régulières dans son présent et s'interroge sur la mort, la littérature ou la peinture :
"C'est une des poétiques conséquences du temps qui passe : les témoins meurent, puis ceux qui ont entendu raconter les histoires, le silence se fait,  les vies se dissipent dans l'oubli, le peu qui ne s'en perd pas devient roman, qui a ainsi à voir avec la mort" (page 22)

"(Manet) peint. Il fait très froid, l'immobilité est pénible, il brosse rapidement, nerveusement, un portrait en brun, austère comme une bure, l'un de ses plus beaux. Autour de cette jeune femme et de son peintre, autour de leurs regards croisés, il y a la ville assiégée, l'hiver, la guerre. Après, que se passe-t-il ? On ne le sait pas. Le roman ne sait pas, ne peut pas tout." (page 75)    

L'auteur cite parfois ses sources (cf "le dictionnaire historique des rues de Paris") et les lieux fréquenté pour les besoins du roman (le musée de Sào Paulo où figure le portrait de Pertuiset (cf image)) comme un historien le ferait pour ses publications. Ainsi, on voit le roman se construire par petites touches et c'est passionnant.
File:Édouard Manet - Pertuiset, le chasseur de lions.jpg
J'avoue que au début de ma lecture j'étais parfois un peu perdue, noyée par toutes ces références historiques, artistiques, géographiques... Cela peut sembler intimidant mais finalement je me suis laissée porter par ce flot ininterrompu souvent comique (cf les titres des chapitres), notamment l'épopée de Pertuiset en terre de feu...  J'ai souvent regretté de n'avoir pas sous les yeux des reproductions de tableaux évoqués par Olivier Rolin pour mieux savourer le texte.

Un dernier extrait, pour le plaisir :  

"Quand il entre au Guerbois, on le salue bien bas, il est un Monsieur à présent - un Monsieur scandaleux mais un Monsieur. Il n'a rien trahi, rien cédé, et pourtant quelque chose a changé par rapport à l'époque d'Olympia, quelque chose dans l'air qu'il respire est moins vif, moins électrique, dirait-on. Est-ce le monde qui a changé ? Pourtant, les mêmes combats sont à mener, à jamais, la bêtise, le conformisme, le mauvais goût sont toujours triomphants (...) Alors, c'est peut-être simplement d'avoir à présent une oeuvre à défendre. Peut-être cela rend-il, quoi qu'on en ait, plus lourd, moins libre. Tout n'est pas devant, à inventer. Tout n'est plus possible". (page 180-181).  

Très belle découverte que ce Chasseur de lions ! Parfois ardu à lire mais réjouissant au final.  

Dernière remarque : l'auteur ressemblant fortement au narrateur, page 181 on apprend que ce dernier apparaît dans un film "au dernier plan sonnant à une porte, et ce sera sûrement, de toute ta vie, ton seul rôle au cinéma - ils ne savent pas ce qu'ils perdent". Quelqu'un saurait-il de quel film il s'agit ?  

Un chasseur de lions, Seuil, Fiction & Cie Seuil, 234 pages, 17,50 €

Télérama, Blog carnets de sel n'a pas vraiment aimé, La muse agitée...

Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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Mardi 19 mai 2009

Envie d'un voyage au Kenya ? Alors ce livre, Nous autres est pour vous. Mais ne vous attendez pas à un circuit touristique balisé, l'auteur peint le Kenya sans jamais occulter les faces sombres du pays.

Pierre, un jeune photographe de 33 ans, apprend la mort de son père qui vivait depuis longtemps au Kenya. Il décide d'aller chercher le corps, l'occasion pour lui de parcourir le Kenya et de découvrir la vie de son père dans ce pays. Michel Figuier y est en effet devenu un écrivain public, se mettant au service des plus pauvres.

«Pierre s’approche de la table de marbre où l’on a posé le corps, drapé jusqu’à la taille dans un linge bleu pâle. Il ne parvient pas à être ému. Il essaie pieusement d’éprouver des sentiments filiaux, mais sans succès. La curiosité l’emporte chez lui, comme toujours. En l’absence d’un système de conditionnement de l’air, de beaux ventilateurs brassent des effluves mentholés. Le cadavre sort d’une chambre froide, il est couvert d’une légère pellicule de givre qui lentement atteint son point de condensation. Pierre se demande s’il est congelé profondément ou non. Il pense à ces romans de science-fiction où des individus cryogénisés, allongés dans des cryptes, attendent d’un autre monde, une seconde vie. A ses côtés un employé de la morgue plein de tact attend, l’air recueilli.» p. 18-19.


D'autres personnages plutôt hauts en couleur traversent ce roman construit en courts chapitres numérotés : Rob, un américain, Françoise, une paléontologue, Akwam, le demi-frère de Pierre, Elisabeth et sa fille Anyango la coureuse de marathon... L'auteur brosse pour chacun d'eux leur histoire, par petites touches :

"Anyango ne meurt pas. Elle restera fluette, l'élever ce n'est rien (...). On l'envoie à l'école, comme les autres. Les jambes d'Anyango sont beaucoup trop petites pour tenir le rythme que tiennent les aînées.  Il y a de l'école au hameau  cinq bons kilomètres. Elle doit trottiner à l'aller, au retour souvent elle se met à courir, pour le plaisir d'aller son chemin seule. A 7 ans Anyango se persuade qu'un nuage flottant au-dessus de la route est un signe du ciel envoyé par sa mère ; mais elle se garde bien de le dire à quiconque.  " (page 191)


Et puis il y a ces "nous autres", âmes errantes depuis longtemps disparues, les Massaïs, les Kambas, les Luos et qui évoquent des périodes de l'histoire du pays, comme la construction du train ou les guerres : 

"Une bruine enveloppe désormais les promeneurs et les statues et nous autres, par milliers les fantômes innommés, nous chantons la chanson de leurs rudes corvées, de leurs marches forcées, nous sommes les porteurs qui portent la nourriture des porteurs qui portent la nourriture des porteurs qui portent la nourriture des porteurs." (page 97) 

Stéphane Audeguy réalise un roman enthousiasmant à la lecture, par tous ces fils qu'il relie les uns aux autres : l'histoire du pays, la trajectoire de Pierre l'orphelin qui renaît littéralement dans ce pays, (son âge n'étant pas un hasard, l'auteur lui-même le remarque "c'est celui du Christ" page 18) mais une fois terminé, on reste un peu sur notre faim. Son écriture oscille entre poésie (lire le chapitre 0 surtout) et réalisme un peu froid, sans dialogues ni excès de psychologie. Il met à mal les clichés qu'on pourrait avoir sur ce pays, berceau de l'humanité. En effet,  prostitution, misère et  violence traversent le roman, ainsi que les relations minées par le souvenir des colonisations européennes.

Nous autres reste cependant un bon livre sélectionné pour de nombreux prix :
le livre-inter bien sur, mais aussi le prix orange du livre , le prix lavinal et certainement d'autres que je ne connais pas...

"C'est un grand luxe que d'être seul. Pierre le découvre. Jusqu'alors, il a vécu comme la plupart des hommes ; porté par les courants paresseux et tièdes de la vie sociale, il s'est toujours occupé, il est allé voir des expositions, il s'est rendu dans des salles de cinéma, il a visité des châteaux : il ne se souvient de rien. Il s'habille et il descend, il n'est jamais allé à New-York ou à Barcelone, c'est donc ici qu'il apprend à marcher pour marcher, sans rien faire d'autre, les mains vides. (...) Pendant une semaine, Pierre se promène, sans autre boussole que le hasard." (page119-120-121) 

Nous autres, de Stéphane Audeguy, Gallimard, 252 pages, 17,50 €

Quelques commentaires : Yves a beaucoup aimé mais pas vraiment LazareSandra n'a pas eu de coup de coeur, ni Yaël...

Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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Lundi 4 mai 2009

Ces derniers temps, j'ai lu pêle-mêle un manga sur le vin, deux romans du livre inter (dont un pas encore fini !), une BD, des magazines divers et variés, j'ai même rencontré l'auteur de Corniche Kennedy (de quoi publier des tas d'articles, mais en aurais-je le temps ? J'essaie de trouver des solutions ( rédiger des comptes-rendus riquiqui ? rouler plus vite en vélo ? élaborer des articles tout en pédalant ?) pour rattraper ce retard dans lequel je me suis vautré et qui m'épouvante désormais..).   

Je viens de terminer, grâce au précédent long week-end, le dernier livre de Philippe Jaenada, Plage de Manaccora, 16h30, dont j'avais vu la couverture dans un magazine (je ne me souviens plus lequel...). Et donc, je le prends à la bibliothèque, toujours en coup de vent,  un peu au hasard, en sachant vaguement qu'il y était question de feu, de flammes, de sentiments enflammés...

Ce roman évoque un incendie qui survient lors des vacances du narrateur, prénommé Voltaire, en Italie. Alors qu’il tente d’échapper aux flammes avec sa femme, Oum, et son jeune fils, Géo, il se remémore certains évènements qui ont jalonné sa vie...
 

 

Ce qui est impressionnant dans ce livre, c’est que l’on a la sensation d’assister au feu, d’en être les victimes de plus en plus impuissantes, aux côtés des personnages, d’autant plus que l’auteur accentue au fur et à mesure de son récit la puissance du feu… Jaenada aime jouer avec nos nerfs, de digressions en digressions, sans perdre de vue l'horizon, plutôt enfumé. C'est amusant de passer du feu, représenté ici comme un personnage à part entière, dévorant tout sur son passage, à des anecdotes liées à la vie du narrateur. En lisant des critiques ici ou là, je me rends compte que ces évènements narrés sont bien réels dans l'esprit de l'auteur : c'est en  partie sa vie qui s'embrase sur le papier, mais ce n'est pas vraiment étonnant vu le réalisme de certaines scènes d'apocalypse. J’ai moins aimé les parenthèses de l’auteur dans le texte, le plus souvent rigolotes mais à la longue plombantes (apparemment la marque du style Jaenada)…  

 

A noter, la jaquette du livre plutôt originale et liée évidemment au contenu du livre, un objet qui brûle les doigts !


Plage de Manaccora, 16h30 de Philippe Jaenada, Grasset, 17,90 €, 280 pages.

Yves a beaucoup aimé, tout comme Cuné et beaucoup d'autres...

Site de l'auteur

Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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Vendredi 17 avril 2009

J'ai profité des vacances pour lire tranquillement le dernier livre d'Emmanuel Carrère "D'autres vies que la mienne" paru aux éditions POL très récemment. Ce livre s'est imposé à moi pour deux raisons : il fait partie de la sélection du livre du prix inter (que je m'engage à parcourir entièrement cette année ! Tiendrais-je cette promesse à moi tenue ?) et j'avais assez aimé "un roman russe" du même auteur, pour avoir envie de replonger dans sa prose.

Emmanuel Carrère a un don certain pour dire, nommer, expliciter les choses : il le fait d’une façon qui semble simple mais sans que ce soit simpliste. Dès lors, iI parvient à nous intéresser aux évènements de sa vie qui l’ont marqué ou interrogé : « Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai » prévient-il au dos du livre. Il ne faut donc pas prendre ce texte comme une fiction, mais plutôt comme un récit de vie qui mêle les rencontres dues au hasard de la trajectoire d’un auteur sensible à d’autres vies que la sienne.

 

C’est fort, éminemment  sincère, poignant parfois. D’aucuns diront qu’on ne fait pas de la littérature avec de bons sentiments. Ils auraient tort ici. Cela me fait penser à Marie de Hennezel dont j’ai lu il y a longtemps un livre qui parlait de la mort…

 

Souvent, je me suis dit que ce livre était un peu un patchwork, d’impressions, de sensations, de souvenirs et encore un livre de fiction. Fiction ? Lorsqu’il imagine, à partir des témoignages de ceux qui l’ont approchée,  la vie de sa belle- sœur ou de son ami, le juge Etienne… Emmanuel Carrère se moque finalement des genres, il écrit un texte qui s’appuie certes sur des évènements réels mais surtout qui les dépasse. Il nous touche et c’est le principal.

 

"D'autres vies que la mienne", Emmanuel Carrère, POL, mars 2009, 309 pages, 19,50 €

Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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Jeudi 26 mars 2009
Aujourd'hui les membres du jury du livre Inter ont été dévoilés. Comme beaucoup, j'avais  envoyé une lettre  mais sans illusions cependant. Pourtant, ce matin, j'étais au RDV, au cas où... Ironie du sort, les journalistes, avant même de donner les 24 noms du jury, ont interviewé une jeune femme, 38 ans (mon âge !) d'une ville proche de la mienne, Sablé sur Sarthe (dès lors, j'ai su que c'était foutu, puisqu'elle était de ma région !).

Tant pis ! L'année prochaine*?

J'avoue que cette année, je me suis forcée mais je n'avais plus la foi, le feu sacré ! Les heures passées à écrire cette fichue lettre furent laborieuses... Est-ce la peine de se mettre dans cet état ? Quel est l'enjeu pour moi ?

Hier, j'ai emprunté "Paris Brest" à la bibliothèque, je ne savais pas que ce livre était sélectionné, mais comme  j'avais déjà lu des critiques élogieuses... (La mienne sera pour bientôt ! ). Je vais essayer, contrairement aux années passées, de lire toute la sélection du livre Inter, pour voir, pour expérimenter, pour faire comme si...    

* l'année prochaine ? si j'ai envie... 
  
Site  France Inter (vidéo...)

Les livres sélectionnés :

 

Nous autres - Stéphane Audeguy (Gallimard)

D’autres vies que la mienne - Emmanuel Carrère (P.O.L)

Traques - Frédérique Clémençon (L’Olivier)

Equatoria - Patrick Deville (Seuil)

Zone - Mathias Enard (Actes Sud)

Lacrimosa - Regis Jauffret (Gallimard)

Trois Hommes seuls - Christian Oster (Minuit)

Un Chien mort après lui - Jean Rolin (P.O.L)

Un Chasseur de lions - Olivier Rolin (Seuil)

Paris-Brest - Tanguy Viel (Minuit)

Par Flora - Publié dans : L'attrape-bric à brac
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Jeudi 26 mars 2009

La Domination de Karine Tuil est un roman qui détaille deux relations, plutôt fortes : d'abord la fascination, teintée de haine, qu'exerce un père, Jacques Lance, sur sa fille, et puis la quasi domination, voire le harcèlement qu'impose un éditeur à l'un de ses auteurs, en l'occurrence la narratrice de ce livre. Karine Tuil mêle les deux avec une grande maîtrise puisqu'elle donne l'impression d'avoir enfanté un roman dans le roman. En effet, deux récits se croisent : celui de la femme écrivain qui narre son étrange relation amoureuse avec son éditeur et celui d'un fils (la fille a préféré changer de sexe) qui écrit sur son père.  Ainsi, la Domination est un roman double, où les personnages sont reliés les uns aux autres par de mystérieux liens, qui se dévoilent peu à peu...

La figure du père est très forte dans ce livre : je me suis posée la question de l'autobiographie tout au long de ma lecture, sans vraiment avoir de réponse, au vu des analyses lues ici et là. Peu importe finalement. Seule demeure ce  personnage de père omnipotent, double lui aussi, menant ses aventures sexuelles alors qu'il est marié. L'auteur accuse son père de l'avoir "trompée" tout au long de son enfance puisqu'il installe sa maîtresse sous son propre toit, niant sa relation intime avec elle. Une fois mort, cette maîtresse donne une autre version des intentions du père, ce qui brouille les pistes...  Intéressant !  

"Dans La domination, des êtres se croisent. Ils ne savent pas aimer sans trahir. Désirer sans mépriser. Prendre sans détruire. Ils se séduisent par jeu, goût du risque et de la transgression. Ils souffrent et font souffrir. Ils se soumettent et se dominent à tour de rôle, tout à la fois manipulateurs et victimes d'un complot qu'ils ont ourdi eux-mêmes. Contre eux.
Un homme, médecin humanitaire, grande figure morale et intellectuelle, impose ses penchants polygames à deux femmes aimées.
Un éditeur vieillissant possède physiquement et mentalement une jeune romancière pour la contraindre à écrire un livre sur son père.
Un peuple est accusé d'en soumettre un autre.
Des êtres cherchent à dominer leurs instincts.
Mais au cœur de ces triangles amoureux où la sexualité, l'amour, l'amitié et jusqu'à la création deviennent enjeux de pouvoir et rapports de force, les dominateurs ne sont pas toujours ceux que l'on croit. "
(Grasset)

La Domination, Grasset, 231 pages, 2008, 16.50 €

Site officiel de l'auteur

Analyses de Clarabel....  blog carnets de sel.......  TV5.........

Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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Dimanche 15 mars 2009

Odile Marti, quarante-quatre ans, a apparemment réussi sa vie : pharmacienne, elle est mariée à William, brillant cardiologue avec lequel elle a eu trois enfants. Que peut-elle attendre de plus ? Un jour, Odile décroche son téléphone pour prendre des cours de théâtre :   

"Elle voudrait jouer Phèdre avant de mourir, précise-t-elle. C'est ridicule, elle le sait mais elle l'a dit. Je voudrais jouer Phèdre avant de mourir. Elle a envie d’ajouter, je veux vivre plusieurs vies avant qu’il ne soit trop tard. Plusieurs vies. Elle ne veut rien défaire de ce qu’elle a bâti, elle ne veut ni adultère, ni crise existentielle, elle veut tout garder, le mari, les enfants, la pharmacie, l’appartement, la maison de campagne, les cadeaux de Noël et même les visites au cimetière de Belney. Elle ne veut rien jeter mais à côté, à mains nues, elle se sent capable de creuser un petit sillon, le sien, secret, insoupçonné, où elle ira vivre ses vies comme d’autres vont au bordel ou à la chorale. Elle ira. Elle s’est entendue dire "plusieurs vies" comme elle ne s’entendra jamais dire plusieurs orgasmes à la suite."  (page 28).

Petit à petit, Odile change. Elle délaisse sa chère pharmacie, les devoirs de ses enfants, son mari. Elle s'isole pour apprendre ses textes, elle qui ne lisait que des polars auparavant et retrouve le plaisir d'apprendre. Elle est aussi sous le charme de Lewis Thurman, son professeur de théâtre qu'elle compare à son mentor : 

"... je veux réapprendre un texte, qu'il m'aide, qu'il m'explique, qu'il trouve des idées et des indications qui m'éclairent, qu'il me fasse descendre le long des parois en m'éclairant à la torche, c'est pour ça que j'y vais, pas pour devenir comédienne, je suis pharmacienne, j'aurais toujours besoin d'une connaissance objective, heureusement que la pharmacie est là, je ne pourrais pas me contenter du théâtre, je crois que je mourrais de ce trop plein d'émotions, de ces matières volatiles, fluctuantes..." (page 174).

Tout en s'ouvrant à de nouvelles sensations, elle se remémore des évènements de son passé, enfouis profondément dans sa mémoire ou des choses plus récentes, notamment ses relations avec ses proches. C'est comme si, au contact de grands textes, les voiles qui obscurcissaient sa vie se déchirent...  

Ce roman est une plongée plus qu'émouvante dans la vie d'une femme qui décide de changer, ou plutôt qui va progressivement décider de changer d'itinéraire, social mais surtout personnel, au fur et à mesure de ses cours de théâtre. L'auteur immerge le lecteur dans le cours des pensées d'Odile et c'est tout simplement passionnant. A découvrir !

Interview de l'auteur par Monique Atlan (émission "dans quelle éta-gère", France 2)

"Une ardeur insensée" de Nathalie Azoulay, Flammarion, 386 pages, 20 €.

Merci au 
Prix Femina et à son "coup de coeur des lectrices" grâce auquel j'ai reçu ce livre : chaque mois, des lectrices sont conviées à élire leur coup de coeur  littéraire.
"Une ardeur insensée" concourt pour le mois d'avril, bonne chance à ce livre que je soutiens ardemment !


Par Flora - Publié dans : L'attrape-livres
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