Vendredi 18 juillet 2008
Voilà ! Enfin... les vacances.

Au programme la mer, le sable, le vent, la forêt, les odeurs de sapin, de sel et d'algue.

Et aussi quelques livres dans mes bagages, le tout est de savoir ce que j'emporte avec moi, car je pourrais pas tout lire : (en orange ce que j'ai très envie de lire, ce à quoi je ne vais pas pouvoir résister...)

- "Birmane" de Christophe Ono-Dit-Biot



- "Nous vieillirons ensemble" de Camille de Peretti... roman apparemment inspiré de "la vie mode d'emploi" de Georges Pérec...

    

- un polar dont l'action se passe à venise ! : "Dissimulation de preuves" de Donna Leon (prêtée par une collègue...) :



- "Petit éloge de l'excès" de Caryl Férey : est-ce un essai ? un polar ? ou un texte échappant à toute classification ?


- un ouvrage qui m'attire, parce que c'est de la poésie "tanka" (je ne connais pas du tout !) : "l'anniversaire de la salade" de Tawara Machi :



- "Madame Angeloso" de François Valléjo : l'histoire m'intéresse, à tel point qu'un matin je me suis réveillée en me disant qu'il fallait absoluement que je lise ce roman ! Mais depuis j'ai un peu perdu cette motivation...  Après avoir lu "Ouest", je rechigne à me plonger dans l'univers complexe de Valléjo. J'avais eu une sensation d'enfermement... 

- quelques ouvrages pour ado (je prépare la rentrée !) : 
"tout doit disparaitre" de Mickaël Ollivier

                                                                                                                                                                                                                    "le combat d'hiver" de Jean-Claude Mourlevat :


"Be safe" de Xavier-Laurent Petit

"la grande môme" de Jérome Leroy :
La grande môme

- et des BD : j'aurais adoré lire la BD de Dupuy-Berbérian dont parle Cuné ("Bienvenue à Boboland") mais je ne l'ai pas trouvée à la bibliothèque ... tant pis !



- notamment "Le Cid" de Pierre Corneille (le texte intégral en BD !)










- et un de mes dessinateurs de BD préféré : Christophe Blain, j'ai trouvé le tome 2 de "Gus : beau bandit" ... je vais me régaler !


Et puis aussi :
- "De Marivaux et du loft" de Catherine Henri


- et puis Serge Joncourt, je cherchais son dernier livre ("combien de fois je t'aime" mais ne l'ayant pas trouvé, je me suis rabattue sur "In vino":
In vivo

Et puis les livres dont je rêve o uque certains m'ont donné envie de découvrir :
- "les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos mais comme je n'ai pas eu le temps de me rendre dans une livrairie, je vais devoir patienter mais je risque de m'y plonger très sérieusement cet été. Je suis prête.
Les Liaisons dangereuses
- "Les contes carnivores" de Bernard Quiriny...
Contes carnivores
par Flora publié dans : L'attrape-à-venir
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Lundi 14 juillet 2008

Jolie surprise que ce roman à la fois léger et consistant , érudit mais sans pédantisme, et qui contient de petites touches libertines fort plaisantes. Le journaliste Delfeil de Ton trouve son titre "pas très romanesque" mais il se rattrape en qualifiant ce livre de "plus planant qu'il en a l'air, et même assez gonflé".

L'action se situe juste avant le grand souffle provoqué par 1789, en plein siècle des Lumières. Un aérostat, c'est un ballon gonflé d'air, ballon que les deux principaux protagonistes du roman vont expérimenter : Alexandre Grimod de la Reynière, provocateur et insolent, doté de pinces d'argent en guise de mains, libertin et fin gourmet, et son amie Juliette qui écrit pour le Journal de Paris... 

Juliette est une jeune fille en avance sur son temps : elle aime réaliser des expériences scientifiques, rire des facéties d'Alexandre,  faire la lecture aux "ressembleuses" (pour connaître le sens de ce mot, lisez l'extrait plus bas)  dans les jardins du Palais Royal (au programme Manon Lescaut..).

A eux deux, ils projettent de délivrer grâce à l'aérostat le marquis de Sade qui s'étiole dans sa prison de Vincennes... On croise dans ce récit vif et vivifiant beaucoup de personnages dont l'histoire a retenu le nom : Restif de la Bretonne, Lavoisier, Condorcet... Chaque chapitre est croustillant et renferme des anecdotes rigolotes sur l'époque mais ce texte reste un roman : difficile de distinguer le vrai du faux, le faux du vrai... Mais l'essentiel est bien ailleurs, dans la peinture des travers du siècle des lumières, dans la folie douce de certains personnages, dans une certaine écriture, fine, parfois libertine, souvent drôle et enjouée. Elise Fontenaille nous prend en tenaille dans son aérostat ! Lisez plutôt le tout début du roman :
 "En ce doux soir de juin 1783, Alexandre sort du Palais-Royal d'excellente humeur : en deux heures il vient d'honorer la reine, la princesse de Lamballe et la duchesse de Polignac.
Certes, la reine n'était pas mal, mais cette fois-ci la petite Lamballe s'est surpassée. Seigneur ! Comment peut-on accomplir de telles prouesses avec une bouche aussi menue ?
Alexandre fréquente depuis peu une petite maison du Palais-Royal, conseillée par son ami Rétif, qui s'est fait une spécialité de Ressembleuses : on n'y trouve que des filles triées sur le volet, imitant à la perfection les premières dames de la cour...
" (p.11) 


Quelques liens pour approfondir ce délicieux roman :
Site de Grasset : début du roman
-  Pour visionner une vidéo sur le roman, c'est ici (Bibliobs.com)
Photos d'Elise Fontenaille par l'atelier N89
- Portrait de l'auteur par l'auteur (maison des écrivains et de la littérature)
- Etonnants voyageurs : portrait de l'auteur
- une amusante critique de l'aérostat sur  Actua Litté
- les débuts de l'aérostat

par Flora publié dans : L'attrape-livres
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Jeudi 10 juillet 2008

Aussitôt acheté, j'ai dévoré la série de nouvelles intitulées "les trophées de Constance  & autres objets de désir" de Nathalie Cachin. J'en avais entendu parler chez Anne-Sophie (site la lettrine) et chez Aymeric Patricot. Et depuis, j'ai lu chez Cuné un compte-rendu de ce livre.

Bon, après avoir dévoré l'ouvrage, il y a déjà quelques jours, que subsiste-t-il de ces textes ? Je me pose la question parce que ces "trophées" m'ont un peu déroutés. Ces textes très courts sont plutôt dépouillés, comme si l'auteur avait cherché à ne conserver que l'essentiel de certaines situations, de certains personnages, au risque de rendre ses textes minimalistes. J'ai souvent eu l'impression de lire des histoires amusantes sur le moment, mais  parfois superficielles, trop légères. Manque d'ossature, de structure, de  chair, d'ampleur... Cependant, je ne peux nier le plaisir que j'ai eu à découvrir ces trophées. Il me reste en mémoire quelques images de certaines nouvelles. Toutes mettent en scène une jeune femme, à chaque fois différente, souvent célibataire mais pas toujours, recherchant une compagnie masculine, mais pas toujours... Des nouvelles autour du désir, désir de l'autre, désir que l'autre s'intéresse à soi. Désir souvent avorté, reporté, repoussé. Nathalie Cachin a le chic pour pointer malicieusement les à-côtés de ces désirs, les petites lâchetés de la vie en société également. Elle épingle joliment les failles dans les conversations amicales. Souvent, je suis restée sur ma faim. Certains textes sont trop courts et nous frustrent ! Bref des histoires d'aujourd'hui, tout à fait dans l'air du temps. Pas un livre extraordinaire, non plutôt simple, lecture facile, adroite, sans fioritures. Joli trophée que ce livre !  

Pour découvrir les "plaisirs express" de Nathalie Cachin, allez faire un tour sur les Chroniques du plaisir...

par Flora publié dans : L'attrape-livres
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Mardi 8 juillet 2008

Dernièrement, je furetais dans les allées d'une des bibliothèques d'Angers et je tombe sur un petit livre (si l'on en juge par l'épaisseur): "Mon grand-père" de Valérie Mréjen, mis en valeur sur une étagère... Bon, me dis-je, voici un livre qui va être vite lu. En effet, le livre fait 63 pages et est découpé en paragraphes de longueurs inégales...   
Curieux  ouvrage, curieux objet ! On dirait presque des notes autour de souvenirs, autour de l'enfance également, autour de la famille surtout, notamment la figure du père, omniprésent...   Sur ce livre, j'ai lu quelque part qu'il s'agissait de "réminiscences consignées (...) dans un ordre arbitraire ". Et c'est exactement cela, un peu comme "Je me souviens" de Georges Perec mais sans de leitmotiv...

"   Ma mère disait que c'était vulgaire pour une femme de fumer dans la rue. 

Nous avions un voisin dont la femme répétait tout le temps "c'est ça, c'est ça !". On l'appelait Madame "C'est ça c'est ça".

Il y en avait un autre que l'on entendait jouer toute la journée le même morceau au piano". (p.20)


Et l'émotion dans tout cela ? Elle est ténue, lointaine mais parfois, elle émerge... Si si ! lisez, vous verrez !

Plus d'infos :
site Evène
Wikipédia

par Flora publié dans : L'attrape-livres
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Jeudi 3 juillet 2008

 Je viens de renouer avec une dessinatrice  de BD adorée durant ma folle jeunesse : Annie Goetzinger.

J'en étais restée à "Barcelonigt", "la Demoiselle de la légion d'honneur" ou encore "la voyageuse de la petite ceinture", la série des "Félina",  des BD pleines de finesse, de sensualité et d'intelligence... Et je tombe dernièrement, dans ma petite bibliothèque de quartier, nez à nez sur une série intitulée "Agence Hardy" signée Annie Goetzinger et Pierre Christin.    

Edith Hardy, veuve, est la patronne d'une petite agence de détectives. Elle n'a pas son pareil pour démêler des affaires troubles, avec pour toile de fond la guerre froide, l'action se situant vers 1955.

J'ai bien aimé ce personnage de femme détective, toujours impeccablement habillée et maquillée, sexy, perspicace, efficace, etc... Mais néammoins j'ai été un peu déçue par l'ensemble. Je ne retrouve pas la verve des albums précédemment cités, un certain parfum qui se dégageait dans le passé... Les intrigues ne sont pas passionnantes, bien que le contexte historique soit très bien évoqué. Voilà ce qui manque dans cette série : un peu de folie ! Comme si ce qui est évoqué en toile de fond figeait le reste... Mais cela reste quand même très agréable à lire.









5 tomes sont parus chez Dargaud :

- Le parfum disparu, 2001. 
- La Trace pâle, 2002.
- Le Poison rouge, 2004.
- Banlieue rouge, banlieue blanche, 2006.
- Berlin, zone française, 2008. 

par Flora publié dans : L'attrape-BD
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Lundi 30 juin 2008

En naviguant (il y a un moment) sur le blog d'Aymeric Patricot, j'avais lu un extrait  du dernier livre d'Alexandre Lacroix : "De la supériorité des femmes". A l'époque, j'avais trouvé le passage plutôt intéressant mais j'avais zappé le nom de l'auteur ainsi que le titre,  pourtant provocateur ! Et, un peu par hasard, en butinant les nouveautés de la bibliothèque, je re-découvre Alexandre Lacroix. Avant de vous livrer mon analyse de son texte, je ne résiste pas à l'envie de citer ce fameux passage qui m'avait interpellée :

"Il y a un côté commercial dans l'amour. L'acte sexuel ressemble à une négociation. Le but ? Atteindre un record qui ne lève aucune des deux parties. D'ailleurs, cette dimension se révèle progressivement. Les accords tarifaires arrivent assez tard dans l'évolution d'un couple. Si je te suce, tu vas en faire autant. Si tu te prêtes au 69 - que tu n'apprécies pas -, tu pourras en échange me griffer. Si tu jouis la première, tu me laisses finir quand même. Si je te lèche les orteils, tu m'autorises à te fourrer trois doigts dans la chatte. Si tu avales mon sperme, je te ferai ensuite un long câlin immobile et tendre. Chaque couple aguerri possède ses conventions tacites, son jeu subtil de poids et de mesures." (p79)

"De la supériorité des femmes" est le récit d'une irrémédiable rupture mais avant de rompre, Alexandre, le narrateur tente de reconquérir sa femme, Mathilde... Beaucoup de détails m'ont amusée dans ce récit que je trouve très contemporain. Tout d'abord, le narrateur a le même prénom que l'auteur, Alexandre, même si au départ on le confond avec un certain Stéphane. Et on a du mal à ne pas penser que cet homme qui parle, qui semble souffrir, qui décrit ses rencontres féminines,  plutôt sensuelles, sexuelles et variées, n'est pas l'auteur lui-même. Il en joue d'ailleurs, avec beaucoup d'humour (mais difficile de n'être pas dupe) : 

"Je m'aperçois que, jusqu'ici, je ne me suis pas décrit. Par égard envers le lecteur, pour lui faciliter son travail d'identification. Si j'avais annoncé tout de suite la couleur, si j'avais dit combien fascinante est ma beauté, intenses mes yeux bleus(...), romantique mon teint pâle, désharmant et irrésistible mon sourire, saines et chevalines mes éclatantes incisives,  bref, si j'avias commencé par énoncer quelques vérités déplaisantes me concernant, j'aurais encouru le risque d'en dégoûter plus d'un. "Pouah !" vous seriez-vous exclamé. Encore cette littérature française narcissique et sans imagination. J'ai donc ménagé votre susceptibilité et attendu le moment propice pour vous dire de quel merveilleux physique je suis pourvu. Apollon en pâtirait à côté". (p. 181)

(Evidemment, comme la photo figure sur la couverture !)

La construction du roman est amusante : chaque chapitre correspond à un jour, et l'ensemble va à rebours... Un  peu comme un journal intime, un peu narcissique d'ailleurs. De sexe, il est un peu, beaucoup,  question mais si certains passages sont crus, cela ne m'a pas semblé  ni   gratuit ni voyeur... J'ai juste trouvé qu'Alexandre Lacroix surfait intelligemment sur l'air du temps. Je me suis retrouvé dans pas mal de questionnements, sur le couple, sur l'amour, sur la durée de vie des sentiments, sur les enfants... Globalement, plutôt intéressant mais pas transcendant !

Site d'Alexandre Lacroix

par Flora publié dans : L'attrape-livres
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Mardi 24 juin 2008

Après les univers de Caryl Férey et d'Antoine Chainas, j'ai savouré avec délectation chaque page du "Carré de la vengeance" de Peter Aspe, auteur brugeois. J'avais envie de me remémorer l'ambiance si particulière (mais aussi un peu trop touristique) de Bruges et puis c'est un livre que m'a conseillé ma libraire.

Je pensais lire un ouvrage récent or l'édition originale de ce polar, en néerlandais, a été publiée en 1995  : c'est la première traduction française de cet auteur !  Ce livre est le premier de la série qui met en scène le commissaire Van In, plutôt perspicace et futé. Fumeur invétéré, amateur de bières (rien que de très normal pour un belge) mais ne dédaignant pas les vins fins et français, Van In est un flic un peu désabusé, divorcé et ayant renié un peu ses idéaux de jeunesse. L'enquête qu'on lui confie, un curieux vol de bijoux puis une affaire de kidnapping,  va lui redonner de la vigueur, d'autant plus qu'il s'amourache de la substitut du procureur, Hannelore Martens...

Au total, 333 pages de belles élucubrations policières, où l'on apprend plein de choses, de l'eau régale au carré des Templiers... Moins noir que les polars lus auparavant,  "Le carré de la vengeance" est un polar pur, où l'auteur nous promène allégrement parmi des solutions qui toutes s'annulent les unes après les autres... jusqu'à la chute finale. Peu habituée à ce genre d'ouvrage,  j'ai dû me concentrer pour suivre (et comprendre) chaque piste ! Le jeu en valait le détour mais je suis cependant un peu déçue. Même si l'intrigue, les péripéties, le dénouement sont excellents, certains personnages, eux, sont parfois un peu caricaturaux, notamment les femmes (toutes sont belles et suscitent des pensées peu orthodoxes...). De plus, j'ai trouvé le thème de la famille catho qui a des secrets peu avouables déjà ressassé ailleurs... Enfin, je ne retiendrais pas forcément beaucoup de choses de ce roman, contrairement aux "Porteurs d'Ames", qui m'a touché durablement. Finalement, que subsiste-t-il ? Des visions de maisons de Bruges, des noms à consonnance belge (ça dépayse !), un flic plutôt sympathique, timide et bon vivant... 

 
Sites complémentaires :
Albin Michel (interview de l'auteur)

par Flora publié dans : L'attrape-polars
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Mercredi 18 juin 2008

"Le strip-tease de la femme invisible", c'est un roman qui se lit très vite et qui raconte l'histoire de Mélanie, à 15 ans, 25 et 35 ans. Mélanie est ronde et tout tourne autour de ses rondeurs. Elle rencontre Fanny au lycée qui deviendra son amie... 

Je ne vais pas raconter l'histoire de ce roman, il vaut mieux la découvrir soi-même, la fin d'ailleurs est assez édifiante.       Sachez seulement qu'il est ici question de poids, de prise de poids, ensuite de délestage par les voies de la chirurgie esthétique... 

Ce roman se lit vite, je me répéte, et j'ai trouvé le style de l'auteur plutôt facile parfois, sinon inexistant. Cela ressemble à un article (version longue)d'Elle, de Biba, ou encore de n'importe quel magazine féminin, rubrique "histoire vécue". Le seul avantage, c'est que c'est vite lu, très vite lu.
Distrayant, instructif mais pas de strip-tease intégral (côté littérature)...

Editions Le Dilettante + Extrait
Présentation du livre sur le site de l'éditeur
Interview de l'auteur sur le site de Marianne 
    

par Flora publié dans : L'attrape-livres
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Mardi 17 juin 2008

J'ai beaucoup entendu parler de "Versus" d'Antoine Chainas, ici ou ... Mais avant de me le procurer (je le lirais avec précaution et un petit peu à reculons...), je suis tombée sur le premier roman de ce jeune auteur : "Aime-moi Casanova". Un roman publié dans la collection Série Noire" chez Gallimard.  

Ce roman m'a fait une drôle d'impression mais plutôt bonne au final ! Tout d'abord, le résumé indiquait une sorte de descente aux enfers d'un flic, Milo Rojevic, dont le surnom "Casanova" semblait indiquer une certaine addiction au sexe. Bon, me suis-je dit, peut-être un roman qui va mêler libertinage et enquête policière, ça peut faire un bon mélange. Or pour le libertinage, il faudra repasser : les conquêtes de Rojevic  sont  fugaces, rapides, et sans lendemain aucun. Le plaisir est absent le plus souvent, seul subsiste un semblant d'assouvissement, éphémère et inconsistant. Pour l'enquête, on repassera aussi. Bien sûr,  l'auteur se plait à balader Rojevic, et à nous balader par la même occasion, au gré de pérégrinations parfois "exotiques", dans un club sado-maso par exemple, aux côtés d'une dresseuse de chiens...

Mais ce n'est pas cela qui m'a semblé important dans ce roman. J'ai été frappée du style de l'auteur, de sa voix, qui me semble dépasser de loin les codes du roman policier. Bien sûr, impossible de nier qu'on baigne dans une ambiance de polar : Rojevic mène -bien malgré lui- une enquête sur son collègue qui s'est désintégré dans la nature sans plus laisser de nouvelles, il a un passé plutôt lourd à porter et de sourdes menaces pèsent sur lui, y compris venant de sa corporation, forcément... Mais ce qu'on entend surtout, c'est la voix singulière d'un homme, plutôt aigüe, plutôt sombre, et c'est aussi son cri qu'on capte, au gré de ses crises de colère. Elles n'ont pas fini de résonner à nos oreilles...  

"Ils m'avaient questionné et questionné encore. Ils m'avaient regardé sous tous les angles.  Ils avaient essayé de m'amadouer, de me faire peur, de me prendre en faute, de me destabiliser. Mais, ce qu'ils avaient oublié, c'est que moi, pour tenir, j'avais quelque chose qu'ils n'avaient pas. Qu'ils n'auraient jamais. J'avais ma peur et ma colère, là, bien au chaud à côté de moi."    


Site d'"Ondes noires" une émission de la radio avec une interview d'Antoine Chainas

par Flora publié dans : L'attrape-polars
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Mercredi 11 juin 2008

C'est ma veine ! Je viens de lire une belle BD (grand prix 2008 du festival d'Angoulême)  :

"Un peu avant la fortune", dessins de Dupuy-Berbérian, scénario de Jean-C. Denis.

En voici un court résumé : Etienne Noblet, qui exerce le métier de détective privé, gagne au loto. Sans travail ni petite amie, il trimballe son ticket  gagnant et manque de le perdre plusieurs fois. Il fait de drôles de rencontres, sa voiture effectue un plongeon dans la Seine... Il retrouve sa copine mais se dispute avec son meilleur copain... Difficile à résumer tant l'intrigue (les intrigues devrais-je dire) part dans plusieurs directions. 

Cette BD oscille entre rêve et réalité et  les auteurs prennent plaisir à brouiller les pistes pour mieux  jouer avec le lecteur. Mais ces pistes sont un tantinet  destabilisantes et pas toutes suffisamment creusées au point qu'on reste un peu sur notre faim... Heureusement, la fin est surprenante ! (et donne envie de revenir en arrière pour mieux retrouver certains détails non relevés à la première lecture). Bref, beaucoup de rythmes différents...   





BD éditée par Dupuis, dans la collection
"aire libre" : page descriptive de la BD : galerie d'images, bio des auteurs...  


Et la bande annonce (la première vidéo sur ce blog !!!) :

par Flora publié dans : L'attrape-BD
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