La jeunesse de Mitterrand adaptée en BD

Publié le par Marie-Florence Gaultier

Cette BD retrace dix ans de la vie de François Mitterrand, entre ses 19 et 29 ans, de l’été 1935 à la fin de la seconde guerre mondiale. L’occasion de découvrir la personnalité naissante de celui qui deviendra une des figures emblématiques de la cinquième république, et de plonger dans l’époque trouble de la collaboration… L’album, en forme de roman graphique, permet une belle immersion dans les années de formation politique de Mitterrand, sur fond historique.

Six chapitres entremêlent la grande histoire à celle du jeune Mitterrand. Les premières planches le présentent dans toute la splendeur de la jeunesse, en train de jouer au tennis en Belgique, ne rêvant que de littérature et de prix Goncourt. Étudiant en droit, ce « jeune homme de droite » comme le mentionne le titre, bourgeois catholique, pratique la charité en tentant d’aider des juifs. Un de ses amis est impliqué dans un attentat commis par la Cagoule, groupe d’extrême-droite. Plus tard, lors de la guerre, il sera fait prisonnier avant de s’évader. Il aura à cœur ensuite de s’impliquer pour l’aide à la réinsertion des prisonniers, sous le régime de Vichy…

En lisant cette BD, j’ai pu combler pas mal de lacunes historiques et rectifier quelques fausses idées sur le rôle de Mitterrand au sein du régime de Vichy, sans doute la partie la plus intéressante, quoique peu facile à comprendre tant la période est trouble. Quelques personnages clés surgissent au fil des pages : Pétain, De Gaulle, le Général Giraud qui s’évade d’Allemagne, ou encore Laval…

Les auteurs, Philippe Richelle le scénariste et François Rébéna le dessinateur, présentent un travail qui s’avoisine à une sorte de vulgarisation historique sur le sujet. D’ailleurs en fin d’ouvrage, la bibliographie sélective témoigne de leurs efforts pour bien cerner Mitterrand et le monde dans lequel il évoluait. Les dessins, en noir et blanc, sont des crayonnés très souples qui épousent l’époque et les personnages. Parfois, on reconnaît le visage de Mitterrand, parfois non, mais on devine sa forte résistance à l’adversité, sa stature, son pouvoir de séduction, qui s’exerce autant sur les hommes que sur les femmes. Par certains côtés, il me rappelle un autre ambitieux, André Malraux (Avant l’heure du tigre, la voie Malraux).

En terminant la BD, on a envie de poursuivre l’aventure et de comprendre comment le jeune homme de droite va progressivement virer de bord. Une suite est apparemment en court, c’est une bonne nouvelle, tant à la fin on a envie de dénouer les fils de la destinée d’un si prometteur personnage.

La jeunesse de Mitterrand adaptée en BD
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