Les pièges du crépuscule, de Frank Tallis
Je viens de finir, in
extremis pour le grand prix des lectrices de Elle, les pièges du crépuscule de Frank Tallis. C'est un roman policier qui se passe à Vienne au début du siècle. Deux
personnages, l'inspecteur Rheinhardt et le jeune psychiatre Liebermann, s'associent pour dénouer plusieurs crimes atroces perpétrés devant des églises de la ville.
C'est un livre plutôt érudit, qui aborde de front l'histoire du judaïsme, évoque en passant l'avènement de la psychanalyse, Freud apparaissant effectivement dans le récit en tant que
personnage, secondaire certes mais bien présent puisque Liebermann est un de ses disciples.
Le principal avantage de ce roman policier ? Il nous plonge dans l'ambiance de Vienne, une ville complexe par son architecture (beaucoup de lieux sont cités, des églises notamment
mais aussi des lieux profanes comme les bars), la gastronomie (ah, les nombreuses pâtisseries que l'inspecteur Rheinhardt déguste...), la musique (nos deux héros sont des
musiciens accomplis qui s'accompagnent mutuellement, l'un au piano, l'autre au chant)... Parallèlement, l'auteur n'occulte pas l'antisémitisme en train d'enfler dans la ville et c'est
l'occasion de revenir sur la longue histoire des juifs. Parfois j'ai trouvé cela trop érudit, trop pointu, un peu comme un cours d'histoire et puis finalement, je me suis laissée portée par les
personnages et l'époque qui garantit quand même un sacré dépaysement !
Les Pièges du crépuscule, de Frank Tallis. Traduit de l’anglais par Michèle Valencia. Éditions 10/18. Collection « Grands Détectives ». 416 pages, 8,60 euros.