"Un jour sans" de Mark Mcnay : à découvrir !
Je viens de terminer "Un jour sans" de Mark Mcnay et je suis encore sous le choc de ce livre percutant. Il fait partie de la sélection du prix
littéraire "inter CE" proposé dans les bibliothèques d'Angers (et d'ailleurs).

Haletant, noir, empreint de quotidien, ce roman m'a fait penser au cinéma de Ken Loach. L'action se passe en Angleterre : Sean, le personnage sur lequel repose tout le livre,
mène une vie plutôt médiocre à Glasgow. Il travaille dans l'usine de poulets locale, un travail à la chaîne dans le département "Frais" (titre original du livre) plutôt
éreintant et pour le moins fatiguant. Son oncle Albert, qui l'a élevé, le soutient quotidiennement dans sa tâche, lui aussi travaille dans l'usine. Le point noir dans la vie de Sean, c'est
son grand frère Archie, qui resurgit alors qu'il était en prison. Archie est un bandit qui n'hésite pas à faire tremper son frère dans ses combines toujours douteuses, à
savoir ses trafics de drogues... Sean n'est pas de la trempe d'Archie et celui-ci l'a bien compris. Sean a une dette envers Archie. Il tente de s'en débarrasser mais jusque là, son
frère a toujours été le plus fort...
"J'avais du mal à joindre les deux bouts. Maggie travaillait pas à l'époque et mon boulot à l'usine couvrait pas nos dépenses. Y fallait choisir entre des nouvelles chaussures pour
la môme ou aller boire un verre le vendredi soir. Un putain de cauchemar, parce que je finissais par acheter les chaussures mais j'arrivais pas à renoncer à ma bière. Surtout quand j'voyais les
potes qui se privaient pas, eux. J'ai commencé par faire des petits emprunts à des taux exorbitants. Et je me suis bientôt retrouvé dans la merde jusqu'au cou." (page 188)
Ce premier roman, très rapidement lu, est un petit bijou dans lequel on se demande comment le personnage principal va se dépêtrer des griffes de son grand frère.
Parallèlement, l'auteur insère de courts récits dans lesquels il revient sur des instantanés de vie des personnages : l'enfance des deux frères, avec un père absent et une mère
emportée par la maladie... Tout le livre est empreint de la réalité la plus brute : on y suit les doutes, les petits bonheurs et les rêves de Sean, ô combien attachants. La
réalité est tellement brutale parfois qu'il s'en échappe régulièrement.
Un livre puissant, fort dont on ressort sous le choc. A découvrir !
"Un jour sans" de Mark McNay, traduit par Aline Azoulay-Pacvoň, éditions du Panama, 234 pages, 22 €.
Editions Panama
Le figaro
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