In vino veritas : du raisin, de la haine et du vin en BD

Publié le par Flora

In vino veritas est une BD sur le vin, comme nous l'indique le titre et comme le suggère la couverture explicite où l'on voit une belle jeune femme s'avançant entre deux rangées de vigne, chaussée de bottes, dans un paysage que l'on devine somptueux... Cette première partie, intitulée "Toscane" annonce un second tome que j'attends impatiemment (et pourquoi pas toute une série, on a le droit de rêver).

L'histoire coule comme un bon vin que l'on boirait sans soif : deux êtres plutôt beaux et gracieux, Lionello et Tessa, sont élevés par leur grand-mère Ortensia en Italie, leurs parents ayant disparus (mais on n'en sait pas plus). Enfants, le frère et la sœur sont inséparables mais à l'âge adulte, leurs relations se compliquent au point qu'une haine tenace les tient éloignés : ils ne peuvent littéralement se sentir. Est-ce parce qu'ils réalisent tous deux du vin mais de manière diamétralement opposée ? Lionello est présenté comme gérant son vaste domaine viticole comme une entreprise rentable, en privilégiant les rendements à la qualité. Tessa, elle, travaille la vigne en respectant la nature, sur de petites parcelles.

Lorsque leur grand-mère meurt, une surprise attend Lionello et Tessa dans le testament : en plus de l'héritage, Ortensia a rajouté une clause : ils doivent réaliser une cuvée ensemble, ce qui signifie faire la paix autour des ceps de vigne... C'est plutôt mal parti pour les deux héritiers qui ont du grain à moudre avant de songer à seulement presser du raisin !

A ce point de l'histoire, la french touch intervient pour pimenter l'intrigue qui pourrait sans cela tourner au vinaigre. Charles, un joli garçon travaillant lui aussi dans le vin, va bientôt se rendre en Toscane, pour retrouver ses amis italiens qui l'attendent pour fêter dignement le jumelage entre les deux communes viticoles Léognan et Castagneto Carducci. Charles est précédé par son patron Monsieur Bernard (alias Olivier Bernard, qui signe la préface de la BD), aux commandes du domaine de Chevalier dans le Bordelais, précisément à Léognan.

En toscane, Charles est heureux de retrouver Lionello, qui lui fait goûter ses vins, et encore davantage Tessa, qu'il semble avoir fréquenté par le passé (mais on n'en sait pas plus). Lionello lui confie son dilemme : convaincre sa sœur de travailler avec lui. Charles veut bien tenter de raisonner Tessa, tout en sachant que la tâche est rude...

Le scénario de Corbeyran est limpide, presque simpliste par endroits, caricatural à d'autres, mais ce n'est pas trop grave car nous avons affaire à une BD qui se déguste tranquillement, sans maux de tête le lendemain. Comme lorsqu'on goûte un joli nectar sans prétention, on se laisse embarquer par les dessins de Luca Malisan et les couleurs de Paolo Francescutto qui sont plutôt honnêtes à défaut d'être originaux. Certaines planches, notamment celles qui représentent Florence sont très réalistes et classiques par leurs facture. En général, je n'apprécie pas ce type de dessins mais j'avoue qu'ici je me suis laissée emporter par le flot gouleyant de l'histoire. Je lirais avec plaisir le second tome, ne serait-ce pour savoir ce que deviennent les héros, notamment Tessa, en bien mauvais posture sur la dernière case de la dernière planche (de la dernière page...). Affaire à suivre !

In vino veritas, Glénat, Scénario de Corbeyran, dessins de Luca Malisan, couleurs de Paolo Francescutto, collection Grafica, 48 pages, 13€90

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