Les enfants de Staline : une biographie familiale passionnante

Publié le par Flora

Avant de commencer ma lecture, j’ai feuilleté l’ouvrage et découvert les deux séries de photographies insérées à l’intérieur, toutes légendées (dont certaines figurent sur la couverture). Ce livre allait donc faire le lien entre tous ces personnages que l’on voit enfants puis adolescents et enfin adultes. Au cours de ma lecture, je revenais souvent à ces photographies, les comparant avec les informations que je lisais. Au départ, elles me semblaient inconnues et puis petit à petit, je me suis familiarisée avec elles, au point de les reconnaître et d’établir les liens familiaux.

Car l’auteur, Owen Matthews, nous ouvre grand son album de famille cosmopolite et nous dévoile les destinées incroyables de ses parents. Sa mère, Ludmila, d’origine russe, a été séparée de ses parents à l’âge de trois ans et a survécu miraculeusement aux errances liées à la guerre ainsi qu’à la destruction de sa famille. Tout le début du livre se focalise sur le destin de ce personnage féminin vraiment exceptionnel.  Journaliste, l’auteur fouille dans les archives, enquête pour savoir ce qu’est devenu son grand-père, victime des purges staliniennes. Ce qui est intéressant, c’est que l’auteur nous livre ses impressions sur ce qu’il découvre de son histoire familiale, tout en prenant du recul pour analyser l’époque.

Deux regards se croisent et se mélangent, celui de l’historien et celui de l’auteur qui s’interroge sur ses racines.

Après avoir retranscrit l’histoire maternelle, l'auteur se penche sur son père : universitaire anglais, brillant russophile, Mervyn est irrésistiblement attiré par la Russie. Et c’est dans ce pays qu’il va rencontrer Ludmilla, sa future femme (et mère de l'auteur). La deuxième grande partie du roman, teintée d'espionnage, va alors se déployer. Ici, l’auteur se met davantage en avant, alternant des passages sur sa vie de journaliste à Moscou, tout en énumérant les difficultés que vont rencontrer ses parents avant de se marier : ils vont être séparés durant six ans par le rideau de fer…

C’est un ouvrage vraiment passionnant et émouvant qui mêle la petite histoire à la grande. Je me suis beaucoup attachée à cette famille cosmopolite. L’auteur a réussi son pari : démêler les fils enchevêtrés de son histoire familiale tout en se découvrant lui-même. Ce n'est pas un roman, mais cela y ressemblerait si les personnages n'étaient pas tous réels...  

prixdeslectricesELLE

Les enfants de Staline, Owen Matthews, traduit de l'anglais par Karine Reignier, Belfond, 398 pages, 22 €

Publié dans L'attrape-livres

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