Lecture non fastidieuse d'Une année studieuse

Publié le par Flora

Cela fait longtemps que les romans d'Anne Wiazemsky me tentent sans que je me décide à en lire un. En dénichant son dernier né à la bibliothèque municipale, j'ai enfin pu satisfaire ma curiosité envers cette romancière. Et donc j'ai lu Une année studieuse, texte très agréable à lire, pour plusieurs raisons.

 

A l'instar des paparazzis (qui surgissent à la fin du récit), nous suivons les traces de la jeune héroïne, Anne, âgée de dix-neuf ans, qui n'est autre que l'auteur qui raconte sa folle jeunesse. Folle jeunesse, j'exagère un peu, car Anne est une jeune fille de bonne famille, et même de très bonne famille puisqu'elle est la petite fille de l'écrivain François Mauriac, qui a si bien décrit les mœurs de la bourgeoisie bordelaise. En croisant la route d'un des cinéastes nouvelle vague les plus célèbres, Jean-Luc Godard, Anne devient elle aussi célèbre, bien malgré elle. Tout au long de cette année que décrit l'auteur, nous côtoyons les nombreuses personnalités qu'elle croise dans le sillage de Godard, ce qui est toujours amusant parce que ces personnalités redeviennent des personnes presque normales, et aussi parce ici et là nous cueillons des détails, souvent croustillants, sur leurs vies... L'écriture du roman est enjouée, sensible et retranscrit bien l'époque, les années soixante.

 

Une année studieuse est donc le récit de cette rencontre amoureuse avec Jean-Luc Godard, mais pas seulement, c'est aussi et surtout la peinture des émois de cette jeune fille particulière, partagée entre ses études, sa découverte du cinéma, sa famille qui ne voit pas -du tout- d'un très bon œil sa liaison avec cet homme de dix-sept ans de plus qu'elle. Et puis il ya le cinéma qui attire notre jeune héroïne comme un papillon vers la lumière, Bresson, Truffaut...

 

Parfois, j'ai trouvé des longueurs ou des répétitions car l'auteur tourne un peu en rond lorsqu'elle décrit ses états d'âme, entre hésitations et certitudes, joies et tristesses diverses. Mais globalement, je me suis régalée des truculences du récit, un des points forts du récit, car rien n'échappe à l’œil et à l'oreille du jeune « animal-fleur », comme Godard décrit Anne Wiazemski. Et la fin est très drôle !  

 

Une année studieuse, Anne Wiazemsky, Gallimard, 272 pages, 17 €

Publié dans L'attrape-livres

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dasola 27/07/2012 17:42

Bonjour, je n'ai encore jamais lu d'Anne Wiazemski pourquoi pas commencer par celui-ci qui plaît aux lectrices de la biblio loisir dont je m'occupe. Même si je ne suis pas une grande admiratrice de
Godard. Bonne soirée.

Flora 02/09/2012 22:12



Pour moi ce fut une découverte sympathique de son univers, par contre si tu n'es pas admirative de Godard, tu le seras encore moins après cette lecture car Anne Wiazemski ne nous le rend pas très
glorieux ! Mais il y a des passages très drôles, ce qui compense !