Le violon d'Auschwitz de Maria Angels Anglada

Publié le par Flora

Evidemment, d’après le titre, le ton est donné : il va être question de musique mêlée à l’horreur, à savoir la Shoah et les camps de concentration, en l’occurrence un des pires ici, Auschwitz. Mais le début du roman repousse apparemment l'entrée du lecteur dans le camp. En effet, le narrateur, un grand violoniste, venu travailler à Cracovie , rencontre Régina, elle-même musicienne. Cette femme talentueuse mais triste, joue d’un instrument unique, un violon fabriqué par son oncle. Elle confie des notes sur l'origine de l'instrument au narrateur (qui connait Maria Angels Anglada et pense à les lui confier). Et c’est l’histoire du violon qui va être contée, une histoire incroyable...  

   

A Auschwitz, Daniel le luthier n’a pas été directement envoyé à la mort. A son arrivée au camp, il se désigne comme « menuisier, ébéniste », ce qui n’est finalement qu’un « demi-mensonge ». Il se voit confier la fabrication d’un violon pour l’un des musiciens juifs dont l’instrument est défaillant. Ce travail lui permet de fuir les atrocités de la vie quotidienne à Auschwitz. Malgré les coups, les humiliations, la crainte d’être tué pour un oui ou un non, la faim, la fatigue, Daniel s’efforce de répondre à cette commande. Il apprendra que ce violon est l’objet d’un pari entre Sauckel, le chef du camp et Rascher, le médecin qui réalise des expérimentations sur les déportés…

   

Les passages décrivant la fabrication du violon sont un peu techniques et m’ont un peu déplu mais pour ceux que le violon passionne, ils sont très précis. Surtout, ce qui domine le texte, c’est l’opposition constante entre art et barbarie, l’art qui peut élever, qui peut sauver.

 

Avant chaque chapitre, l’auteur a inséré des extraits de documents « authentiques », qui glacent d’effroi, comme

   

Cependant, je suis restée un peu sur ma faim, car l’écriture est belle mais sans plus. Ce roman se lit vite mais n’a pas la richesse des récits de Primo Levi par exemple. 

 

  

Le Violon d'Auschwitz de Maria Angels Anglada - Traduit du catalan par Marianne Million, Stock, La Cosmopolite, 139 pages, 16 €

Publié dans L'attrape-livres

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