D'acier - Sylvia Avallone

Publié le par Flora

D'Acier, c’est un roman qui a pour cadre l’Italie mais pas celle de la dolce vita. Dans une cité populaire proche de la mer, à Piombini, en face de l'île d'Elbe, deux jeunes filles inséparables d’à peine quatorze ans virevoltent avec l'impatience de la jeunesse. Tandis que l'une, Anna, rêve de grandeur, l'autre, Francesca, tout en découvrant le poids de l'attachement qui la relie à son amie, est maltraitée par son père. Autour d'elles, des personnages se débattent avec la réalité, avec en toile de fond l’aciérie Lucchini, où la plupart des hommes du coin travaillent. L'usine d’acier est décrite comme un animal monstrueux, qui broie les êtres et les rejette une fois la tâche accomplie, complètement exténués. Le frère d’Anna a choisi d’y travailler au contraire de leur père, qui court après les combines…

179.jpgD'acier est un premier roman qui m'a surpris par sa maîtrise, son ampleur et son rythme. C’est prenant, vivifiant et passionnant. En le lisant, j'ai retrouvé des sensations oubliées de ma lointaine adolescence. Souvent, j'ai été émue par les situations présentées par l’auteur. Très classique de par sa facture, ce roman s’appuie sur des données sociales et économiques (le monde du travail est un des piliers du roman), ou encore historiques (le 11 septembre est évoqué puisque le roman se déroule en 2001). Ce qui m’a touché, c’est le parallèle entre les rêves des deux jeunes filles et la réalité parfois sordide qui est présentée. L’innocence et la fragilité, souvent symbolisées par les personnages féminins, face à l’absence ou la violence des hommes. Et puis, le diktat de la beauté et de la jeunesse, dans cette société italienne où Berlusconi impose sa marque. L’écriture est souvent traversée de sensations olfactives, repoussant parfois au loin les odeurs sordides. Pour un premier roman, c’est une réussite.  

Et c'est le prix des lecteurs de l'express 2011, dont j'ai fait partie ! 

D'acier - Sylvia Avallone, traduit par Françoise Brun, Liana Levi, «Littérature étrangère», 400 pages, 22 €

Si vous voulez lire le début, c'est ici...  


Publié dans L'attrape-livres

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Hélène 09/07/2011 12:10


Je l'ai lu aussi après la soirée et je lui ai trouvé beaucoup de charme... Reste à lire le PAdura pour comparer....


Flora 20/07/2011 18:16



J'attends tes commentaires et je vais de ce pas sur ton blog ! Bonnes lectures ! Padura est une très bonne lecture pour l'été !