Colères - Lionel Duroy

Publié le par Flora

Les premières pages du roman m’ont laissée dubitative : allais-je supporter durant presque deux cent pages un je presque caricatural à force d’être omniprésent ? A la page 13, une phrase commence par « J’ai pensé que… », continue par « le soir où j’ai découvert… » et « maintenant je revois la scène » avant de se clore sur « je préfèrerais… ». Sans aucun doute la première personne du singulier que Lionel Duroy utilise sans aucune parcimonie se laisserait pasticher sans trop de difficultés !

prod_photo1_1773_1300377531.jpgPassé ces premières pages où je dois m’habituer à cette écriture, cette lecture fut plutôt agréable et même parfois intense. J’ai aimé plonger dans ce quasi huit clos familial, avec cette relation père-fils compliquée et retorse à souhait. Ajoutez à cela un couple exsangue (la femme du narrateur s’éloigne irrémédiablement car il ne peut plus s’allonger à ses côtés sans ressentir de vives frayeurs) et vous aurez un aperçu de Colères. Dit comme cela, cela ressemble à du mauvais vaudeville. Or ce roman mérite le détour. Ce Je prédominant impose petit à petit une écoute attentive à l’exposé de ses malheurs. Mieux, l’écriture permet  d’élucider les multiples causes du mal-être du fils et du père. Ainsi, il dénoue petit à petit les fils du passé et desserre l’étreinte maladive, « pour ne pas succomber sous le poids des évènements ». La notion de sauvetage sous-tend l’ensemble. Pour qui aime l’introspection et l’analyse, Colères est intéressant, voire même puissant. Mais il me faut nuancer mes louanges, car le style m’a déçu. Même s’il m’apparaît un petit peu plus travaillé que celui de Christine Angot, l’écriture, trop focalisée sur l’urgence à démêler les troubles du narrateur, manque de souffle. L’urgence, à la fois la force et la faiblesse de ce roman. 

"Car bien sûr je vais écrire, comme je l'ai toujours fait, pour ne pas succomber sous le poids des évènements. J'ai toujours écrit pour ne pas mourir d'accablement, me dis-je (...)" 

Yv l'a lu mais... 

Colères - Lionel Duroy, Julliard, 211 pages, 18 €

Publié dans L'attrape-livres

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Yv 25/04/2011 14:40


Ah oui, mais... Rarement un livre m'a autant énervé. pour tout dire, je le trouve vain, inutile, superflu, ...