L'Intranquille, autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou

Publié le par Flora

Je viens de terminer l'Intranquille, autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, catégorie document de la deuxième livraison du prix des lectrices de Elle. Gérard Garouste a écrit son autobiographie en collaboration avec Judith Perrignon, auteur et ancienne journaliste à Libération.

Gérard GarousteJe ne connaissais pas Gérard Garouste, "l'un des peintres français les plus importants et internationalement reconnu" selon
Wikipédia mais ce livre m'a donné très envie de découvrir ses peintures, dont certaines sont évoquées dans ce livre. 

Dans l'Intranquille, Gérard Garouste se met à nu, explore son histoire familiale plutôt difficile, s'étend sur la figure de son père, antisémite et psychopathe, voleur des biens des juifs durant la seconde guerre mondiale. Il raconte aussi les chemins qu'il a dû emprunter pour devenir peintre. 

Si la lecture de cet ouvrage est passionnante, elle se révèle aussi angoissante, surtout lorsqu'il évoque ses crises de folies, conséquences manifestes de son passé lourd de secrets familiaux : "Pour moi, les secrets s'entremêlent, il n'y en avait pas qu'un, plusieurs m'attendaient et m'attendent peut-être encore."(page 38)

Finalement, ce livre nous éclaire sur un univers d'artiste particulier. On est un peu voyeur en le lisant, même si cette sensation est vite réprimée tellement l'auteur se livre, presque sans retenue, pour conjurer son passé et les fautes de son père. 

Un petit bémol cependant pour les éditions L'iconoclaste : j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à feuilleter le grain du papier, épais et de très bonne qualité, j'ai adoré la mise en page, aérée et fluide, mais le texte aurait  mérité quelques reproductions de tableaux de Garouste. A part celui sur la jaquette du livre (un autoportrait plutôt adéquat), j'ai regretté de ne pas pouvoir approfondir le texte par la lecture des tableaux.

"Et le démiurge en moi se réjouit quand les couleurs s'organisent, mélangent les figures qui m'encombrent et celles que je me suis choisies. J'ai alors le sentiment d'avoir compris et fait quelque chose de ma vie. Je me lave du passé." (page 163) 
prixdeslectricesELLE

Gérard Garouste, avec Judith Perrignon, L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, L'iconoclaste, 2009, 200 p.


Très bonne analyse d'In Cold Blog

Publié dans L'attrape-livres

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zarline 29/09/2009 14:54


Je suis d'accord avec toi pour la reproduction des oeuvres dans le livre. Ca aurait vraiment facilité ma lecture car j'ai lu l'Intranquille dans le train et j'ai eu l'impression de passer à côté de
plusieurs éléments n'ayant pas internet sous la main.


Flora 01/10/2009 21:35


Heureusement, il y a In cold blog qui a pas sélectionné pas mal de documents relatifs à Garouste...


Armande 25/09/2009 20:44


Je viens d'achever moi aussi la lecture de cet "auto-portrait". Je n'ai pas ressenti de frustration par rapport à l'absence de reproductions de tableaux, il faut dire que j'ai surfé au moins heures
sur le net pour découvrir les oeuvres de cet artiste que je ne connaissais pas.


Flora 27/09/2009 20:57


moi aussi j'ai surfé mais mes recherches ont été infructueuses, sauf sur le site de In cold blog, qui recense beaucoup d'infos sur Garouste.


Marie-Claire 23/09/2009 23:28


La remarque à propos des œuvres est très juste.
Je viens de finir mon avis (je n'ose parler de critique). Je n'ai pas ressenti d'angoisse peut-être parce que j'étais persuadée que tout cela finissait bien ...
Cela reste quand même une bonne surprise.


Flora 27/09/2009 21:01



oui c'est un livre pas mal, mais lutôt noir dans l'ensemble, non ? Même si Garouste est vivant, il est passé par pas mal d'épreuves...



valérie 18/09/2009 20:24

un peu comme pour séraphine (qui était au programme des lectures des lectrices de Elle l'année dernière), il semble que la peinture et la folie sont souvent très proches. Ce semble en effet très frustrant de ne pas proposer de reproductions de tableaux sur un thème comme celui-ci.

Flora 27/09/2009 21:03


Je n'ai pas lu l'histoire de Séraphine, ni vu le film d'ailleurs ! quel inculture !!!