Marie Sizun explore la maternité dans "Jeux croisés"

Publié le par Flora

J'avais découvert Marie Sizun avec "La femme de l'allemand", superbe récit, émouvant et prenant. Un  livre que l'on n'oublie pas.

"Jeux croisés", son troisième roman, est de la même trempe. Simple au premier abord, (j'ai même trouvé le début un peu fade), ce nouveau récit se révèle vite fort, poignant et l'écriture de Marie Sizun toujours aussi mystérieuse. Comment parvient-elle à ce résultat ? Nous émouvoir avec deux fois rien ? Un style simple, limpide, qui coule de source, et puis aussi de la pudeur devant ses personnages, du respect. De l'humanité aussi, beaucoup...

"Mais il y a une autre détresse, plus cruelle que tout cela, plus secrète, plus profonde : le sentiment qu'elle a, maintenant, d'un irréparable dépouillement, d'un manque terrible, plus poignant que tout ce qu'elle a jamais éprouvé, le besoin éperdu, absolu de son enfant. Envie folle de retrouver sa chaleur, son odeur, son regard, le contact de ses petites mains sur ses bras à elle, leur caresse sur son cou, quand elle le prenait sur ses genoux ; d'entendre sa voix quand il s'essayait à dire des mots - pas beaucoup de mots encore, juste maman et quelques syllabes à lui, encore mystérieuses, qu'il aimait à répéter indéfiniment. (p. 184)   

L'histoire est celle de Marthe, femme que son mari délaisse pour vivre avec une autre. Marthe est un peu perdue, au point de kidnapper l'enfant d'Alice, très jeune mère...  

Ce roman se lit vite mais est riche de petits riens, de détails réels, d'émotions palpables, fortes. Apparemment, avec "Jeux croisés", l'auteur a délaissé une veine autobiographique mais elle ne perd en rien ses qualités de conteuse minutieuse :    

"Phrases non dites qui chantent en elle, qui font du bien et du mal à la fois, qui ravissent et qui déchirent, pour le petit Ludo qu'elle ne reverra plus, son petit enfant de peu de temps, son petit enfant de cinq jours. Elle s'émeut de penser qu'il ne saura jamais qui elle était, ni ce qu'il aura été pour elle, ce qu'il a fait pour elle. Il va guérir, son petit, ce n'est pas possible autrement, n'est-ce pas ? Il l'a bien guérie, elle." (p. 245)  


Un fort beau livre, à découvrir !


Jeux croisés, Arléa, collection 1er/mille, 248 p., 18€

BLOGS SUR CE LIVRE :

- amanda

- les lectures de Marie

- Henri Kaufman

- Sylire

- sur Cap Sizun...

Publié dans L'attrape-livres

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Joelle 12/11/2008 18:12

Vu que j'ai aimé La femme de l'allemand, j'ai forcément noté celui-ci aussi ... surtout que les avis semblent unanimes !

Flora 12/11/2008 22:52


Apparemment oui, tous les avis vont dans le même sens. Pour ma part, avant de commencer, j'étais comme toi, je n'étais pas plus motivée que cela de lire ce titre, même si j'avais super
adoré "la femme de l'allemand". Quand on a lu un titre d'un auteur, on croit tout connaitre déjà ! Or ici le choc s'est renouvelé ! Marie Sizun est vraiment une écrivaine à suivre !


sylire 08/11/2008 19:41

Tu ne crois pas si bien dire. Marie Sizun adore le cinéma et écrit en visualisant les scènes.
Son rêve est qu'un de ses livres soit adapté pour le cinéma . Un projet d'adaptation est à l'étude pour la femme de l'allemand et elle s'en réjouit.

Flora 09/11/2008 21:30


génial ! cela permettrait de mieux connaître cet auteur !


sylire 08/11/2008 14:53

Oui, elle a quitté l'autobiographie avec ce roman et s'en sort très bien comme tu le soulignes. J'attends avec impatience son prochain roman...

Flora 08/11/2008 19:37



Auteur à suivre ! Et en lisant ce livre, je me disais qu'il pourrait fort bien être adapté au cinéma ou pour un téléfilm...



Finette 06/11/2008 12:55

J'avais vraiment adoré " La Femme de l'Allemand".
" Jeux croisés et " Le père de la petite" figurent sur ma LAL.

Flora 08/11/2008 19:38



Alors affaire à suivre ! pour ma part, je n'ai pas lu "le père de la petite", certainement quand je tomberais dessus à la bibbliothèque...



Yv 05/11/2008 20:06

J'ai bien aimé La femme de l'Allemand et je trouve que l'éditeur Arléa 1er mille propose de très bons livres.

Flora 08/11/2008 19:39


Il faudrait que j'aille voir de plus près leur maison d'édition, je ne connais que Marie Sizun comme auteur chez Arléa !