Installez-vous dans "le canapé rouge" de Michèle Lesbre

Publié le par Flora

Prenez place dans ce très confortable canapé rouge proposé par Michèle Lesbre et voyagez ! : 

"Je savais que le véritable voyage se fait au retour, quand il inonde les jours d'après au point de donner cette sensation prolongée d'égarement d'un temps à un autre, d'un espace à un autre. Les images se superposent, secrète alchimie, profondeur de champ où nos ombres semblent plus vraies que nous-mêmes. Là est la vérité du voyage."(Page 16)

Petit livre paru chez Sabine WESPIESER, "le canapé rouge"  nous fait voyager aux côtés de la narratrice, Anne, qui part en Russie sur les traces d'un ancien amour, Gyl. Mais le voyage n'est pas linéaire, il est parsemé de détours géographiques et temporels, sans compter les détours livresques... Et effectivement les livres, la lecture font partie de ce livre à part entière. La narratrice évoque sa vie, l'approche de la vieillesse, ses combats politiques et aussi la place de certains livres, certaines paroles, certains vers dans son parcours : 

"J'avais cherché deux vers que je connaissais, J'étais absent de moi plutôt nuage indécis, un passant pas très sûr d'être vraiment quelqu'un*.  Je me souvenais du moment et de l'endroit précis où j'avais lu ces vers, et je pensais que c'était encore le voyage, mon idée du voyage, les réminiscences, les échos qui vous surprennent 'et donnent du sens à de simples anecdotes, des bribes de textes que l'on croyait enfouien dans le désordre de la mémoire et qui soudain ressurgissent, intactes". Ces vers qui m'avaient bouleversée un jour me rattrapaient dans cette minuscule maison où la vie de Gyl m'échappait (...). Ils m'étaient d'un grand réconfort.  (p. 72) 

*Claude Roy, "A la lisière du temps"

Le Canapé rouge
 On croise aussi quelques silhouettes féminines,  Olympe de Gouges, Marion du  Faouët ou encore Milena Jesenská... qui jouent un très beau rôle dans ce livre (mais je ne vous dirais pas lequel ! A vous de lire...).  "le canapé rouge" donne envie d'approfondir leurs destinées.

Bref, un beau livre, innattendu, parsemé de petis riens et de belles émotions...

"Sur ce quai, je savais qu'une plaque commémorative citait une phrase écrite par Camille Claudel dans une lettre à Rodin, Il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente. " (Page 58)
 

Publié dans L'attrape-livres

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sylire 11/08/2008 17:58

J'ai été moins emballée que toi par ce livre, même si je l'ai bien aimé au final. Je me suis un peu ennuyée les soixante premières pages.
http://sylire.over-blog.com/article-7371381.html

Flora 10/09/2008 19:49



c'est vrai qu'il faut plonger dedans... Pour ma part, j'ai eu une drôle d'expérience : j'avais emprunté ce livre il y a deux mois à peu près et après avoir lu les premières
pages, j'avais abandonné. Et puis curieusement, j'ai à nouveau croisé le chemin de ce livre. Et cette fois-ci j'ai pris le temps de lire la quatrième de couverture qui m'a
convaincue de plonger...