"Train bleu train noir" de Maurice Gouiran

Publié le par Flora

En 1993, un train bleu part de Marseille avec des supporters de l'OM vers Munich pour un match important (ne me demandez pas lequel, je n'ai pas retenu !). Il transporte trois hommes, Jo, Bert et Miche, qui ont une vengeance à accomplir... Car cinquante ans plus tôt, en 1943, ils faisaient partie du train noir, qui achemine vers Compiègne les habitants des vieux quartiers de Marseille, plus de 1600 personnes, la plupart juives. Ensuite, certains seront dirigés vers Drancy, un espoir de survie ou vers Sobibor, la mort assurée... 

Sur cette trame historique, Maurice Gouiran construit un polar très prenant. Il alterne deux époques, 1993 et 1943, et trois personnages, trois victimes de la grande histoire. Il ponctue aussi son récit par des documents d'époque qui authentifient et confère une autre dimension à son récit. Au début, je me suis un peu perdue un peu à travers les périodes et les personnages. Et puis, tout se met en place et  je n'ai eu de cesse de finir ce livre.

J'ai été surprise par son style, par le parler marseillais aussi, souvent imagé, parfois frôlant la vulgarité, mais finalement je suis à nouveau épatée par la sélection du prix des lecteurs angevins- prix littéraire inter CE : troisième livre, troisième découverte intéressante (cf "la femme de l'Allemand" et "porteurs d'âmes"). De toute façon, j'ai souvent une prédilection pour les textes qui ont pour cadre la seconde guerre mondiale. Des drames humains y ont eu lieu, nourissant de nombreux textes, toujours profondément humains. D'ailleurs, avant de commencer ce blog, j'ai lu "le rapport de Brodeck", de Philippe Claudel (fort, très fort), un livre marquant à tout point de vue. J'en reparlerai certainement.  

PS : sur le site de la Dacc49, j'en apprends un peu plus sur l'auteur : " Maurice Gouiran est né en 1946 près de Marseille dans une famille de bergers installée dans les collines de l’Estaque. Après une formation scientifique (mathématiques et informatique appliquée à la gestion des eaux et forêts), il devient à la fois consultant pour l’ONU, universitaire, dessinateur dans un journal satirique, peintre et dirigeant d’une équipe de foot."

Et sur wikipédia, j'apprends que Maurice Gouiran est un spécialiste mondial de la connaissance des feux de forêt !

"Train bleu train noir", de Maurice Gouiran, éditions Jigal, 2007, 228 p. 

Sites :
- Pol'art noir 
- Anne-Sophie (la lettrine)
Blogs :
- L'avis de Joëlle 

Publié dans L'attrape-livres

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sylire 20/05/2008 18:54

J'ai pensé moi aussi au rapport de Brodeck en lisant ce livre.

yves 12/05/2008 13:53

Bonjour, Ah, un garçon qui vient donner son avis sur un site de filles !
je participe aussi au prix inter ce et j'ai pu lire toute a sélection : je n'ai pas aimé du tout Train bleu train noir. Je le trouve très mal écrit et l'intrigue si prévisible ! Le langage parfois trivial ne me dérange pas dans d'autres lectures, mais là, je l'ai trouvé très mal-à-propos. Franchement, je crois que des dix livres à lire pour le prix, c'est celui que j'ai le moins aimé... et de loin !

Flora 14/05/2008 14:55



  cher Yves, je suis extrèmement flattée que tu visites mon site et donnes tes impressions ! Merci de ta venue...



Joelle 06/05/2008 23:56

C'est bizarre parce que je n'ai pas du tout été choquée par les expressions triviales ! J'avoue que je ne m'en rappelle même pas, sûrement parce que j'ai vécu dans cette région et que ce doit être plus courant qu'ailleurs. Ce qui me paraissait plus un problème était de comprendre toutes ces expressions typiques si on n'était pas de la région :)

Flora 07/05/2008 15:53


Je viens de relire quelques passages de ce roman et je confirme les expressions triviales... Mais j'ai avancé dans le récit moitié en les relevant, moitié en les oubliant, parce
que c'est prenant !


Anne-Sophie 04/05/2008 22:39

je vois sur ton blog comme celui de Joëlle que le parler marseillais surprend. moi j'ai eu carrément l'impression de me retrouver attablée avec des gars, devant une anisette, un peu exclue...
Mais l'intrigue est très prenante et c'est la force du livre.
Je l'ai donné à lire à des hommes qui n'ont pas été gênés du tout par le langage. Entre hommes...

Flora 04/05/2008 23:46



Moi aussi je me suis sentie "exclue" et surtout par les expressions triviales souvent !!! Il faut que j'en discute avec les bibliothécaires !