Mercredi 30 avril 2008

haouh ! Cette après midi, grâce à mon petit garçon qui a fait une longue sieste, j'ai fini avec délectation "Nous sommes cruels" de Camille de Peretti, commencé dimanche dernier, juste après "Azima la rouge" d'Aymeric Patricot terminé ce week-end. Deux livres lus assez vite, empruntés au même moment à la bibliothèque d'Angers, aussi différents l'un de l'autre que... je cherche une comparaison et je n'en trouve pas. Ou alors une comparaison très plate, comme le thé et le café (moi qui ait abandonné l'un et l'autre pour la chicorée !), comme le noir et le blanc alors... Pas très réussi je vous l'accorde ! (vous avez des idées ?).

Bon alors, commençons par le livre de Camille de Peretti, que je trouve très réussi. Ce roman est constitué de lettres, qui parfois intègre même des textos (peut-on considérer les textos comme des lettres ? vaste débat...). Ce roman s'avère être très prenant, très intelligent aussi, trop parfois ? J'avoue que parfois j'ai abandonné la compréhension à l'action... mea culpa ! Et aussi, parfois, je n'ai pas toujours su identifier les références littéraires... Mea culpa à nouveau !  

Bien sûr, ces jeunes gens qui ont pour modèle les Liaisons dangereuses de Laclos aiment manipuler les autres mais ils aiment surtout manipuler la langue dans laquelle ils s'expriment (c'est parfois leur faiblesse à la lecture mais si peu finalement !) .

Evidemment, leur amour du jeu amoureux finit par les perdre, tragiquement.

Est-ce qu'aujourd'hui, il existe encore des personnes pour jouer à ces jeux de l'amour et du hasard ? J'en doute... et cela me fait penser qu'il va falloir que je me procure (et surtout que je lise) rapidemment les Liaisons dangereuses de Laclos, comme je m'en étais fait la promesse.  

Camille de Peretti a beaucoup de talent pour " adapter" en quelque sorte ce roman à la période contemporaine. Cela me donne envie de découvrir ses autres textes, pour voir s'ils sont toujours connectés à cette thématique.   

Avec Aymeric Patricot, on change de registre, de quartier surtout. Avec "Nous sommes cruels", on plongeait dans une atmosphère feutrée, aisée de jeunes gens qui partent étudier à New York, qui correspondent aisément, qui voyagent... et surtout qui éprouvent du plaisir à écrire et à recevoir des missives (cet univers n'étant pas exempt de cruauté, bien au contraire)... Avec "Azima la rouge", on change carrément de contexte social et culturel. Ici, les beaux quartiers (même s'ils ne sont pas nommés), là la banlieue, froide, misérable et austère. Zone de non-droit en tous genres.


Curieux, me direz-vous de juxtaposer deux mondes, deux livres.  J'ai pourtant aimé les deux univers, le jeu prédominant d'un côté,  la quotidienneté et l'horreur de certaines situations de l'autre. 

Aymeric Patricot décrit un autre monde, où l'on rencontre un garçon mal dans sa peau surnommé "le cloporte" (Camille de Peretti, elle, décrit de belles "crapules"), une jeune fille pure et innocente dont la famille a choisi d'arranger le mariage ("Azima"), une surveillante dont le pouvoir est limité (quoique), un enseignant qui fait du copinage avec ses élèves... Plusieurs voix donc pour rendre compte d'une réalité âpre, terne et désespérante. Aymeric Patricot décrit un lycée, avec ses habitants, certains biaisant le système en place, et d'autres le tolérant, faute de pouvoir agir...

Un roman aigre doux, plus aigre que doux d'ailleurs...

Liens :
Camille de Peretti : site
Aymeric Patricot : blog
par Flora publié dans : L'attrape-livres
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