"Balayer fermer partir" de Lise Benincà : de l'espace extérieur à l'espace intime

Publié le par Flora

"Balayer fermer partir" est le cinquième titre de la collection "déplacements" chez Seuil et dirigée par François Bon (son blog "le tiers livre" ici). Et effectivement, il sera question ici de déplacements intérieurs, intimes. C'est un livre que j'ai acheté suite aux commentaires élogieux d'Anne-Sophie, sur son site La Lettrine. Parfois, je me laisse tenter par les indications livresques de certains blogs qui ont à coeur de partager leurs lectures... J'avais donc hâte de découvrir ce texte dont l'histoire m'intéressait.

La narratrice revient dans la maison de son enfance, après le décès de son père. Elle retrouve les motifs d'une tapisserie qui l'a marquée enfant et d'autres détails enfouis dans ses souvenirs chancelants... Parallèlement, elle revient dans son appartement et continue son existence, qui sombre progressivement... Lise Benincà mène un récit autour de sensations, de souvenirs aussi et de réflexions autour de l'espace qui l'entoure, qu'il soit immédiat ou lointain.  Un peu mélancolique, un peu distant, le style est presque clinique, sans effet de style.
"Le corps est un espace avec des portes d'entrée les yeux les oreilles et une porte de sortie la bouche. Le corps est un espace dans lequel on se tient. Par la bouche, on crie. Le corps est le premier lieu et le corps est changeant. Il a des fissures des brisures qui apparaissent, à l'intérieur et à l'extérieur. Il se laisse envahir effriter racornir il fait signe il se tait il obéit ou pas." (p. 88)

Et pourtant des émotions  affleurent... Ce n'est pas un récit linéaire, psychologique, quoique... Certains éléments, parsemés ici ou là, ont leur poids dans le récit. Le texte nous renvoie aussi curieusement, comme un miroir, à nos propres souvenirs, aux lieux que nous avons habités, aimés ou détestés... A la fin du récit, une "postface" indique quelques éléments qui complètent le récit, certains aident à mieux le comprendre, notamment l'admiration de Lise Benincà pour Perec.  

"Faire du livre un expace où quelque chose se tient. Attirer le lecteur à l'intérieur, dans ce rectangle ouvert" (p.108, postface)

"Ne pas bavarder. Se souvenir qu'un émotion peut naître de la simple lecture d'une liste de courses" (p.108, postface)

Liens :
Ecouter des extraits de ce livre lu par l'auteure elle-même et découvrir d'autres titres de cette collection :
- site Litote en tête : compte rendu d'une soirée rencontre dans cette librairie parisienne
- site tiers livre : compte rendu d'une soirée à la galerie mycroft

Publié dans L'attrape-livres

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ka 20/07/2008 14:56

je l'ai lu dans le train angers lyon, j'ai trouvé effectivement le style très clinique, l'ensemble plutôt froid et sombre. brrrr. interessant malgré tout mais sensation finalement d'un auteur un peu trop "torturé" ?

Flora 01/08/2008 19:02


Oui tu as raison, curieux car je repensais à ce livre lors des vacances et c'est exactement ce que je me souvenais : auteur un peu beaucoup torturé ! les grands esprits se
rencontrent parfois !


Joelle 06/05/2008 23:47

C'est un sujet difficile mais qui nous concerne tous à un moment ou à un autre ! Je l'avais déjà noté !

Flora 07/05/2008 16:01



Oui c'est vrai, cela nous concerne tous, c'est comme un miroir... on suit l'histoire de la narratrice, tout en retrouvant des souvenirsdes lieux habités...



Anne-Sophie 23/04/2008 15:50

Ravie de t'avoir fait découvrir ce texte qui m'a beaucoup touché également.