"La femme de l'Allemand" de Marie Sizun, un récit poignant

Publié le par Flora

Je viens de terminer le roman très poignant de Marie Sizun, presque d'une traite : "la femme de l'Allemand". Ce livre me tentait vaguement, et une fois commencé, je l'ai lu avidemment. Je l'ai remarqué car il figure parmi d'autres ouvrages pour le prix des lecteurs angevins (cf site de la bibliothèque d'Angers). (Petite parenthèse : j'avais ainsi découvert Claudie Gallay, auteur de "Seule Venise").

Dans ce roman, Marie Sizun raconte l'histoire de Marion, fille de Fanny et d'un Allemand que sa mère a aimé lors de la seconde guerre. D'emblée, on est happé par cette histoire, racontée à la seconde personne du singulier et rythmée par de courts chapitres. Une des forces de ce récit tient dans le fait que nous sommes impliqués directement en tant que lecteur dans cette histoire :
"Elle était malade, comme dirait pudiquement la famille, ses parents, sa tante. Comme diraient les gens. Tu l'entendrais souvent, cette drôle d'expression. Etrange maladie, en vérité, qui allait et venait, disparaissait, reparaissait, avait ses sommets et ses rémissions..."

Et ce livre est le récit de cette relation faite d'amour, difficile, ténue entre cette mère et cette fille, qui grandit entre admiration et répulsion pour sa mère. Le père, absent et pourtant si présent, obsède la fille et ruine la santé mentale de la mère. Fanny est nerveusement malade et sa fille le comprend peu à peu, avec effroi et culpabilité. Malgré cette mère, Marion se construit, par l'école, puis le lycée, des lieux où n'existe plus sa mère, des lieux d'où elle peut s'évader de l'amour de sa mère...   

Très beau récit, poignant et direct. L'auteur écrit juste, à tel point que l'on se demande si ce récit n'est pas autobiographique tellement le texte est fort. Quand j'ai appris que son auteur avait attendu d'être en retraite pour écrire, cela ne m'a pas étonnée. Comme si elle avait retenu les flots des mots longtemps avant de pouvoir les libérer.... Son livre est fort, vivifiant, impétueux comme un long fleuve, mais ce n'est pas un long fleuve tranquille !

Editions Arléa :
page consacrée à Marie Sizun

Flo a aimé ce livre aussi : ici !   Clarabel aussi évidemment !  et Joelle a même rencontré l'auteur et relate cette rencontre ici... Autre blog : celui de Henri Kaufman.  

Ce livre fait aussi partie de la sélection du prix littéraire inter CE CEZAM.  

Publié dans L'attrape-livres

Commenter cet article

Marie 17/05/2008 23:54

J'ai adoré ce roman ! L'histoire m'a vraiment touchée et j'ai beaucoup aimé le fait qu'elle soit racontée à la seconde personne du singulier... cela crée, je trouve, une certaine connivence entre le personnage très touchant de Marion et le lecteur !
J'ai bien envie de lire maintenant "le père de la petite" !
Dis-donc, sympa ce prix des lecteurs angevins qui semble avoir une bonne sélection de romans à découvrir !!

Flora 18/05/2008 21:52



Le prix des lecteurs angevins est aussi le prix littéraire inter CE (au niveau national): si tu veux en savoir plus : http://www.cezam.fr/prix_litteraire.asp 
ce qui est sympa, c'est que les auteurs sont invités dans le cadre de ce prix à rencontrer les lecteurs... Et je remarque aussi que grâce à ce prix, je dialogue avec d'autres lecteurs qui
ont aussi lu cdes livres de ce prix... donc bilan très positif oui !



yves 17/05/2008 17:46

C'est vrai qu'il est très fort. Personnellement, j'ai beaucoup aimé. J'ai aussi beaucoup aimé (je l'avoue, encore un peu plus que "la femme de l'Allemand, même si ce n'est pas le même genre et que l'émotion y est moindre !); Canaille blues d'Ella Balaert. Il fait partie, à mon avis de ceux de la sélection qu'il faut lire !

Flora 17/05/2008 22:21


bon, il va falloir que je découvre ce "canaille blues" !


yves 12/05/2008 14:05

ah oui, un beau livre. une belle écriture, même si personnellement, l'utilisation de la seconde personne du singulier me gêne un peu : elle accentue le côté "coupable" de la narratrice. Néanmoins, il reste parmi mes trois préférés de la sélection.

Flora 16/05/2008 23:04


le "tu" ne m'a pas gêné, au contraire curieusement je me suis sentie "concernée", happée par l'histoire... je crois que c'est le plus fort émotionnellement que j'ai lu jusqu'à présent ! (mais j'en
ai lu 3 seulement !!!)


henri kaufman 08/04/2008 16:31

Si vous avez aimé la Fille de l'allemand, vous allez adoooooorer son 1er roman : le père de la petite. J'en ai fait plusieurs commentaires et c'est à la suite de ma lecture que j'ai rencontré Marie...
@bientô

Henri

florinette 08/04/2008 10:33

Il est déjà inscrit dans ma LAL et je vois que tu confirmes que c'est un roman à lire sans aucune hésitation !