Le muret : une très belle BD sur l'adolescence

Publié le par Flora

Le muret : une très belle BD sur l'adolescence

Le muret est un très bel album sur l’adolescence et ses dérives, juste avant l’âge adulte. Ce passage est symbolisé par le muret sur lequel Rosie, 13 ans, se pose parfois, le soir venu. Rosie vit en Belgique. Sa mère est partie avec un autre homme à Dubaï, son père est souvent absent et la laisse se débrouiller seule. Elle traîne son mal être dans les rues et recherche souvent la compagnie de Nath, son amie d’enfance. Dans sa maison, elle s’endort avec la télé allumée. Petit à petit, elle se trouve piégée par la solitude dans laquelle elle se retrouve…

Cette BD nous plonge dans cette période trouble de l’adolescence, aux cotés de Rosie qui se débat comme elle peut, sans parent pour la soutenir, ni amis véritables. Dans ce contexte, il est facile de faire de mauvaises rencontres, même si ici Rosie croise la route d’un marginal plutôt intéressant mais paumé lui aussi.

L’intérêt de cet album ? Des histoires sur l’adolescence, sur la difficulté de ce passage, il en existe pas mal mais ici l’union d’une histoire très bien menée à des planches très travaillées, tirant profit de toutes les possibilités du noir et blanc, fait merveille.

Céline Fraipont, scénariste, et Pierre Bailly, dessinateur, prennent le temps de raconter cette histoire. Nous suivons la jeune Rosie dans ces années 80 au fil des pages dans lesquelles sont insérées fréquemment des pages vierges noires, comme des silences dans le récit. Plusieurs illustrations en plein page incitent le lecteur à prendre du recul sur l’histoire, ce qui m’a fait penser à un découpage incluant des chapitres. Et c’est bien vu, car on a besoin de souffler, de reprendre ses esprits, tout comme Rosie. On se trouve ici au cœur d’un roman graphique, publié par Casterman dans la collection Ecritures, qui contient quelques pépites en BD comme Olympe de Gouges de Catel et José-Louis Bocquet (et aussi Kiki de Montparnasse que je n’ai pas encore lu) ou encore Quartier lointain de Jirô Taniguchi et tant d’autres.

J’ai aimé également la fin, sombre mais porteuse d’espoirs, ce qui m’inciterait à conseiller cet album à des adolescents mais pas seulement, les adultes peuvent aussi y trouver leur compte.

Publié dans BD

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artisan serrurier 25/11/2014 04:38

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

trafic 13/11/2014 03:58

On en veut plus avec autant d\'humour. Continuez.