Fée du logis contre femme émancipée y compris du ménage

Publié le par Flora

Lire un essai sur le ménage, cela s’annonçait comme une corvée, pire un récurage d'idées aussi lassant que barbant... Ce n'en fut pas une -de corvée- mais ce ne fut pas non plus une lecture décapante comme je le pensais de prime abord en parcourant cet essai de Christine Castelain-Meunier qui se penche courageusement sur l'épineux sujet du ménage aujourd'hui.

Pour se faire, cette sociologue du CNRS se base sur de nombreux témoignages qui apportent de l'air frais dans ce texte agréable à lire qui brasse par ailleurs beaucoup de disciplines comme l'histoire, la sociologie, la littérature... (cela m'a même donné envie de lire certains des ouvrages cités, comme celui de Georges Vigarello, le propre et le sale ou celui de Michelle Perrot, histoire de chambres). L'inconvénient, c'est que j'ai eu du mal à saisir les idées fortes du livre, trop souvent présentées au début des différents chapitres sans être totalement détaillées et résumées en fin de chapitres.

Voici tout de même ce que j'ai saisi de ces tâches ménagères longtemps dévolues aux femmes qui sont désormais partagées au nom de l'égalité dans les jeunes ménages. Il semble que les mœurs évoluent même si certains périmètres, linge, repassage, cuisine, sont toujours l'apanage du deuxième sexe. Christine Castelain-Meunier reconnaît quand même des situations (extrêmes) où l'homme, séparé ou célibataire, prend totalement en charge sa vie domestique. Elle présente aussi des familles où les enfants sont sollicités par leurs parents qui travaillent et qui ne peuvent pas tout faire. Par la multiplicité des exemples, l'auteur donne à penser que chaque famille est unique et a son propre rapport au ménage. Pour certains, leur intérieur, reflet de leur personnalité, sera « propre comme un sou neuf », pour d'autres, ce ne sera pas nickel tous les jours, la faute à pas de temps ou parce que ce n'est tout simplement pas la priorité du couple.

Ce qu'il faut retenir aussi, c'est que certaines expressions comme « la maîtresse de maison » n'est carrément plus à la mode et c'est tant mieux ! Autre idée que la sociologue balaie allégrement : faire le ménage, cette activité obligatoire et rasante, est loin d'être fastidieuse pour certains, bien au contraire : cela leur est même nécessaire, une façon de remettre de l'ordre dans ses idées et de se relaxer... Autrement dit, passer la serpillière ou déloger la poussière pourrait avoir des vertus destressantes ! Avis aux amateurs !

Quand au reste de l'essai, il se lit agréablement, ici ou là quelques idées intéressantes, toujours relayées par les témoignages. J'ai trouvé parfois curieux que l'auteur les insère dans le texte sans guillemets, un poil gênant car ils ne sont pas vraiment différenciés de son analyse sociologique. Autre point négatif : j'ai trouvé la prose de l'auteur souvent empesée, s'emmêlant les pinceaux dans la présentation de son plan et finalement je ne retrouvais pas vraiment ce qui était annoncé ! Globalement j'ai trouvé que l'écriture n'est pas assez précise, comme si l'auteur avait bâclé son propos qui part dans toutes les directions sans suivre tout à fait ce fil conducteur du ménage. Pour le coup un bon époussetage de l'ensemble aurait remis de l'ordre dans ce fatras. Intéressant, quoique pas toujours brillant ! (oui je sais la critique est aisée...)

Le ménage : la fée, la sorcière et l'homme nouveau de Christine Castelain-Meunier, Stock, collection essais documents, 252 pages

Fée du logis contre femme émancipée y compris du ménage
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